Célia Le Mouel : « C’est top à vivre »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo
Elle est restée de longues minutes dans l’aire d’arrivée. Célia Le Mouel tenait à féliciter son amie Cédrine Kerbaol, 2e de l’étape, et surtout elle a pris le temps de souffler après avoir réalisé une belle étape à l’avant entre Bourg-en-Bresse et Chambéry. Présente dans l’échappée ce vendredi, la Bretonne de 25 ans a réussi à tenir la roue des meilleures dans le final pour prendre la 15e place dans la cité des Ducs. La sociétaire de Ceratizit Pro Cycling est revenue sur sa journée au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Avais-tu prévu de prendre l’échappée ?
Célia Le Mouel : Hier (jeudi), on a loupé le coup. C’était parti sur des petites routes, donc on était très déçues à l’arrivée. Et personnellement, je voulais être dans une échappée et être actrice sur ce Tour. Je m'étais mise en tête de ne pas louper l’échappée. J'ai essayé d'être maligne et en même temps de me mettre minable quand il le fallait. J'étais contente d'être dans ce gros groupe où il y avait des filles vraiment fortes. On a vite pris du champ.
Comment était l’entente dans le groupe ?
On peut dire que la moitié du temps, elle était assez bonne. Heureusement, il y avait des équipes qui avaient deux filles, comme la Lidl- Trek. Cela permettait que ça soit plus fluide. Parfois ça se regardait un peu avant de remettre en route. Mais de manière générale, c'était bien. Dans la première bosse de deuxième catégorie (Saint-Franc, NDLR), Shirin (Van Anrooij) a fait un peu l'écrémage. Et après, on s'est un peu regardées et puis ça s'est attaqué avant le col du Granier. J'aurais bien voulu prendre un coup d'avance, mais je n'ai pas réussi à le faire contrairement à d'autres.
« JE N'ÉTAIS PLUS TRÈS LUCIDE »
Comment as-tu géré ta montée du Granier ?
J'ai suivi une attaque de Shirin, ça m'a mise un peu dans le rouge. Mais je me suis dit “pourquoi pas”, parce que dans la côte d'avant, j'étais limite. Ensuite, je me suis mise à mon rythme. Et au final, j'ai pu reprendre deux filles de mon niveau. Les leaders nous ont passées à 500 mètres du sommet. Là, j'ai tout donné. Je commençais à être cramée quand même. Et malheureusement, je perds les roues. Je suis un peu déçue parce que dans la descente, quand Cédrine (Kerbaol) me passe, je n’ai pas réussi à prendre sa roue. Je n’étais plus très lucide et j'avais donc plus peur que d'habitude. Au final, on arrive à seulement 10 secondes de la deuxième place. Donc, c'est un peu dommage…
Quel bilan fais-tu de ta journée ?
Je suis quand même contente de ce que j'ai pu faire. C'était une belle journée, ça fait plaisir d'être à l'avant. J’ai montré que j'étais là, aussi tactiquement, pour prendre les échappées. J’ai été actrice, et ça fait quand même du bien. Je m'étais bien entraînée pour ce Tour. Jusque là, j'étais un peu passée inaperçue, à part un peu à Quimper, où j'étais quand même assez bien. Faire une journée comme celle-là, ça montre que je suis costaude. Et ça fait du bien de jouer plus ou moins la gagne.
« CE SERAIT GÉNIAL »
Qu’est-ce que ça fait d’être dans les premières positions dans un col du Tour de France ?
C'est génial, surtout qu'il y avait ma famille qui était présente, avec les petites pancartes. Il y avait aussi mon frère et ses potes qui étaient là, donc ça faisait du bien de les entendre. Je le savais mais je ne pensais pas passer dans les premières en haut du Granier. Il y avait un monde incroyable. Les derniers kilomètres sont vite passés du coup. En tant que Française, on est beaucoup plus encouragées, surtout dans une échappée. Les gens connaissent notre nom. C’est top à vivre.
Il reste deux étapes sur ce Tour de France, qu’est-ce que tu en attends ?
C'est un gros week-end qui arrive. Aujourd’hui (vendredi), c'était la dernière chance d'avoir une échappée qui pouvait prendre un peu de champ, et justement basculer avec les meilleures au sommet du dernier col et pourquoi pas jouer quelque chose. Sur les deux prochaines étapes, surtout demain (samedi), on sait que les leaders joueront la gagne. Ça sera très dur mais il ne faut pas s'apitoyer sur notre sort, j'aimerais bien tenter et pourquoi pas reprendre un coup d'avance. Ce serait génial. Je grimpe quand même bien, je me suis entraînée en altitude, et en général je récupère bien. Je me dis que je n'ai plus rien à perdre. Après ce week-end, le Tour sera fini…
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