Bahrain : Du bon et « encore beaucoup d’erreurs » pour Lenny Martinez

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

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Il restera à la fois l’une des grandes attractions et sans doute la plus grosse énigme du Tour de France 2025 côté tricolore. Parfois aérien au sommet des ascensions, virevoltant lors d’un petit numéro en solitaire dans le Tourmalet, mais aussi (plus) souvent loin, très loin des meilleurs, Lenny Martinez a clairement semblé sur courant alternatif lors des trois semaines de la Grande Boucle. Bien qu’à la lutte pratiquement jusqu’au bout pour un maillot à pois qu’il a porté tantôt en tant que leader, tantôt par procuration, le grimpeur de poche a, malheureusement, toujours semblé loin d’être en mesure de décrocher une victoire d’étape.


« IL VAUT MIEUX QUE ÇA RESTE INTERNE À L'ÉQUIPE »

Il avait pourtant pratiquement toujours fait mouche sur les courses d’importance depuis le début de saison, claquant une étape sur Paris-Nice, au Tour de Romandie puis au Critérium du Dauphiné. Mais cette fois-ci, la marche semblait encore un peu trop haute. “Il est difficile d’analyser son Tour à chaud, quelques minutes après la dernière étape”, bottait en touche, dans un premier temps, son directeur sportif Roman Kreuziger, interrogé par DirectVelo sur les Champs-Elysées. Puis le Tchèque se lance, finalement : “Lenny a fait plus ou moins ce que l’on attendait de lui, on l’a vu offensif sur plusieurs étapes. Il a longtemps lutté pour le maillot à pois, c’était une bonne chose. On voulait vraiment voir jusqu’où il pouvait aller dans ce classement, raison pour laquelle on l’a poussé à se battre pour ce maillot dans les Alpes”. Quitte à partir de loin et à anticiper, à chaque fois, la grande bagarre entre les favoris.

Tout n’a pas été rose pour Lenny Martinez durant trois semaines, loin de là, et l’ancien coureur professionnel, lauréat entre autres de l’Amstel Gold Race, du Tour de Romandie, du Tour de Suisse ou encore de la Clasica San Sebastian, en a bien conscience. “Il a encore fait beaucoup d’erreurs sur lesquelles nous devons continuer de travailler”. Mais cette fois-ci, Roman Kreuziger semble avoir retenu la leçon de ceux qui lui reprochaient de laver son linge sale en famille, face à la presse. Alors pas question de développer. “Pour le coup, je vais garder tout ça pour moi, il vaut mieux que ça reste interne à l’équipe. On va régler et travailler tout ça entre nous. Je pense qu’il peut être satisfait dans l’ensemble. Il n’a pas gagné d’étape mais il a essayé, c’est bien”, assure le DS de 39 ans.

« TRÈS IMPORTANT POUR L’AVENIR »

La façon dont Lenny Martinez a terminé la Grande Boucle satisfait également l’ancien de la Liquigas, d’Astana ou encore de la Tinkoff-Saxo. “C’est la première fois qu’il monte en puissance sur une fin de Tour, c’est très important pour l’avenir”. Son irrégularité, et le fait qu’il termine souvent dans les profondeurs du classement, n’inquiète pas outre mesure le technicien. C’est en tout cas ce qu’il affirme micro ouvert. “Il était prévu qu’il joue sa carte à fond sur certaines étapes et qu’il laisse filer sur d’autres, en roulant plus tranquille. Pour moi, ce n’est pas un problème. Il y a des choses qui ne vont pas, mais son irrégularité n’en fait pas partie”.

Difficile tout de même pour Roman Kreuziger d’imaginer, dans ces conditions, Lenny Martinez jouer un classement général sur un Grand Tour à court et même peut-être à moyen termes. “Il faudra voir en fonction du reste de l’équipe aussi, des choix que nous ferons à l’avenir. Mais Lenny est encore loin de jouer le général sur les Grands Tours, je pense. Pour les courses d’une semaine, oui, c’est bon, il l’a déjà prouvé, mais trois semaines, c’est autre chose”, analyse-t-il sans oublier que son jeune leader a terminé 5e du Tour de Catalogne et surtout 2e du Tour de Romandie au printemps, une épreuve qu’il a donc lui même remportée par le passé, plus précisément en 2009. Autrement dit, le constat reste sensiblement le même que depuis le début de saison : il y a de quoi rêver en grand avec l’Azuréen chez Bahrain Victorious, mais il reste encore du travail. 

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