Pour Romain Grégoire, « ça méritait mieux »

Crédit photo ASO - Billy Ceusters
C'était l'étape qu'il attendait un peu plus que les autres. Sur ses routes du Doubs, avec une arrivée à Pontarlier, Romain Grégoire comptait bien se montrer sur cette 20e étape du Tour de France. Et le coureur de la Groupama-FDJ y est parvenu en intégrant la bonne échappée. "J'étais vraiment fatigué. Je m'attendais à passer une journée beaucoup plus difficile que ça. Au final, je me suis bien amusé parce que j'avais de super jambes. J'étais vraiment dans le match d'entrée et j'ai pu m'amuser". Un amusement qui a tourné au cauchemar dans la descente de la Côte de Longeville, à un peu plus de 20 km du but.
« J'AI ÉTÉ OBLIGÉ DE FREINER »
À l'aise et dans le bon coup, Romain Grégoire a suivi Ivan Romeo dans un virage piégeux. "Il savait qu'il fallait qu'il prenne ce virage en tête. Il le connaît, il sait qu'il est dangereux. Un coureur arrive et le prend plus vite. On est obligé de changer un peu la trajectoire. Du coup, ça fait partir à la faute", raconte Stéphane Goubert. Derrière l'Espagnol qui s'enfonce contre le trottoir, Romain Grégoire glisse. "Je pense que j'avais tout bien fait jusqu'à cette chute. Il y avait mieux à faire après. C'est moi qui fais la faute aussi. Je pense que si Romeo ne tombe pas, je peux peut-être m'en sortir parce que je connaissais ce virage, je savais que ça se refermait. Mais j'ai été obligé de freiner".
Avec la route trempée et la pluie, le coup de frein ne pardonne pas. "Quand on est dans le match, qu'on marche bien, qu'on a son public au pied de la bosse, et qu'on part à la faute... Mais ce n'est pas de sa faute, c'est comme ça, il pleuvait, il y avait beaucoup de tension, on est à la 20e étape du Tour, il y a beaucoup d'adrénaline", tente de justifier Stéphane Goubert. Et comme lâcher l'affaire n'est pas dans le tempérament du garçon, Romain Grégoire se bat et revient dans le groupe dans lequel il figurait.
« IL S'EST BATTU JUSQU'À LA LIGNE »
Néanmoins, entre-temps, Kaden Groves est parti pour son numéro solitaire victorieux. "Il y avait une super occasion quand même d'aller chercher la victoire d'étape. Même si vu le numéro de Kaden Groves, ça aurait été très compliqué de le battre. C'était le plus rapide et en plus, il était le plus fort à la pédale. Mais je me sentais bien. J'aurais bien aimé être dans le match jusqu'au bout". À l'arrivée, le vainqueur d'étape au Tour de Suisse a foncé vers le bus soigner ses blessures. "C'est une grande déception pour lui. Il se bat, il arrive à rentrer. Ce n'est pas évident. Il fait quand même 5e. Il s'est battu jusqu'à la ligne. C'est tout à son honneur et ça aurait mérité mieux", pense son directeur sportif.
Après une bonne demi-heure à soigner le mental autant que le physique, Romain Grégoire a donc répondu volontiers à la vingtaine de journalistes qui l'attendait au pied du bus. "C'est un petit peu ouvert au coude et au genou, mais trois fois rien. Par contre, la hanche nécessitait 4-5 points de suture". Même si l'histoire finit mal, Romain Grégoire gardera quand même de bons souvenirs de sa journée, encouragé par ses proches, comme son frère Baptiste qui était présent. "Au-delà de ça, j'ai quand même passé une super journée. D'être à l'avant sur ces routes, d'être encouragé comme ça, ça m'a vraiment porté. D'un côté, ça ajoute une petite pointe positive, et d'un autre, ça rajoute un peu de drame au scénario. Mais ça aurait été encore plus beau de gagner devant eux". Partie remise.
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