Ben O'Connor, le Magicien Loze

Crédit photo ASO - Billy Ceusters

Crédit photo ASO - Billy Ceusters

Ben O'Connor a décidément un goût pour le Col de la Loze. En 2023, en troisième semaine de Tour de France, l'Australien avait pris l'échappée sur l'autre versant, en passant bien sûr par le sommet jugé à 2 300 mètres d'altitude. Puis c'était son coéquipier de l'époque chez AG2R Citroën, Felix Gall, qui avait finalement triomphé. Deux ans après, Ben O'Connor a encore anticipé la bataille, mais cette fois, c'était bien pour jouer sa carte, avec le maillot de Jayco-AlUla sur les épaules. "C'est une montée qui a été importante pour mon ancien coéquipier, Félix Gall, c'était cool de la retrouver. Cette fois-ci, c'est moi qui ai levé les bras", raconte-t-il pour Eurosport.


Déjà au matin, celui qui a perdu toutes ses chances de classement général dès le début du Tour avait bien l'idée en tête de tenter quelque chose. "Honnêtement, je ne pensais pas du tout à gagner. Mais je me sentais tellement bien aujourd'hui". Comme chaque étape de montagne, les échappés doivent attendre validation des formations UAE Team Emirates et Visma-Lease a Bike pour espérer gagner. Et Ben O'Connor a doucement commencé à y croire. "J'étais très actif, et le moment où j'ai réalisé que je pouvais vraiment jouer ma carte, c'était au sommet du col de la Madeleine". Pourtant, en haut, la situation n'était pas si bonne que ça.

« JE NE PEUX PAS ÊTRE PLUS FIER DE MOI »

Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar ne semblaient pas décidés à avoir une journée tranquille avant de s'expliquer dans la Loze. À tel point que les deux ogres du Tour étaient même revenus sur l'échappée où Ben O'Connor figurait. Mais quand bien même, l'espoir était permis pour l'ancien vainqueur d'étape en 2021, à Tignes. "Je voulais voir si Pogacar allait faire quelque chose. Et dans la vallée, j'ai vu qu'il y avait une très belle opportunité d'y aller". Les deux premiers du classement général ne se mettent pas d'accord et laissent des offensives se développer. "J'ai vu que Tadej et Jonas restaient derrière, se contrôlaient". Ben O'Connor en profite, comme Einer Rubio et Matteo Jorgenson.

Mais c'est bien l'Australien le plus fort dans la montée vers Courchevel, avant d'aborder la dernière portion menant au Col de la Loze. "Quand je suis arrivé à Courchevel, l'objectif était surtout de garder la vitesse, garder les watts, et puis c'était clairement comme un contre-la-montre, il fallait se concentrer sur soi-même". Derrière, le groupe des favoris ne reprend rien. "C'était surtout l'écart que je surveillais. J'avais peur que le maillot jaune revienne sur moi dans les cinq derniers kilomètres. Après, je me suis dit que l'écart était suffisant". De quoi savourer un succès mythique en solitaire et oublier un Tour difficile pour lui. "Je voulais tellement une victoire après tant d'années à faire 2e, 3e, ou 4e. Je ne peux pas être plus fier de moi. Et merci à l'équipe qui a été derrière moi tout le temps, qui m'a soutenu dans les moments difficiles". Le vice-Champion du Monde a retrouvé le chemin.

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