Maeva Squiban : « Je pense que je suis prête »

Crédit photo AMÉLIE BARBOTIN

Crédit photo AMÉLIE BARBOTIN

Renversée par une voiture à l’entraînement mi-mai, Maeva Squiban a dû mettre sa saison entre parenthèses. Mais la Bretonne, désormais membre de la formation UAE Team ADQ, a eu le temps de retrouver une condition physique suffisante pour disputer son troisième Tour de France. À 23 ans, elle aborde la plus grande échéance de la saison sans pression, dans un rôle d’équipière, mais avec l’envie de se montrer et d’accompagner ses leaders le plus loin possible. 2e d'étape au Grand-Bornand l'an passé, celle qui évolue désormais au côté de son ancienne idole Elisa Longo Borghini s’est exprimée au micro de DirectVelo avant ce grand départ à domicile, bien qu'elle réside désormais dans le Var. Entretien. 

DirectVelo : Te sens-tu prête pour le Tour de France ?

Maeva Squiban : On va dire que les courses du week-end dernier (la Picto-Charentaise et le Loire Ladies Tour, NDLR) m'ont un petit peu rassurée quand même. D'un point de vue physique, on voit que je ne suis pas à la rue non plus, c'est plutôt rassurant. Je vais aller sur le Tour sans pression, je ne suis pas leader, je suis juste là pour aider l'équipe et saisir les opportunités s'il y en a. Ce n'est pas moi qui ai le plus de pression.

Comment as-tu préparé cette échéance ?
Je pense qu'il me manque peut-être une petite semaine d'entraînement mais franchement, ça devrait aller de mieux en mieux, de jour en jour. Avec mon entraîneur et l'équipe, on a réussi à faire un bon programme d'entraînement. On a repris petit à petit aussi, parce que je ne pouvais pas reprendre d'un coup comme si rien ne s'était passé. Je pense que je suis prête. Je préférais m'entraîner chez moi, surtout que je reprenais, même s'il y avait de quoi faire avec d'autres filles, en stage à Tignes ou en Italie. Mais ce n’est pas forcément quelque chose que j'aime. 

« C'ÉTAIT MON OBJECTIF DE L'ANNÉE »

On imagine que tu auras à cœur de faire bonne impression sur les premières étapes...
Je suis super contente d'être au départ parce qu'avec ma chute, c'était un peu plus compliqué. Je n'étais pas sûre d'y être, et au final, l'équipe m’a quand même fait confiance. C'était mon objectif de l'année d'y participer si j'avais le niveau. Je pense qu'il y aura une belle ambiance aussi sur le bord des routes notamment avec les deux premières étapes que je connais bien, de Vannes à Plumelec puis à Quimper. Je ne pense pas avoir ma carte mais on ne sait jamais, via une échappée qui irait au bout. Cela dit, j'ai conscience que ce n'est pas l'idée. Je ne serai pas leader, je suis juste là pour aider l'équipe. Ça me va très bien surtout qu’il y a dix jours très costauds qui nous attendent.

Plus généralement : pourquoi avoir fait le choix de rejoindre UAE à l'intersaison ? 
Ça s’est fait assez tard dans la saison parce que c'était un peu compliqué. Ça se passait très bien avec Arkéa mais j'avais une opportunité de découvrir l’étage supérieur et on a réussi à trouver un arrangement. Mon intégration dans l'équipe s'est très bien passée même si au tout début, ce n'était pas forcément simple car j'arrivais dans une grosse équipe sans y connaître grand-monde. Il y avait aussi la barrière de la langue mais maintenant, ça va mieux.

L’équipe dispose de moyens importants…
On a le même matériel que les hommes. Les vélos, ils sont top. Le staff est compétent. On a vraiment tout ce qu'il faut pour performer. Après, c'est sûr que ça met un peu plus de pression parce que sur les courses, on ne vient jamais pour faire un Top 15 ou un Top 20. On est sur les courses pour gagner mais en même temps, c'est toujours sympa d'arriver sur la course et de se dire qu'on vient avec cet objectif-là. Parfois, au début, c'était un peu impressionnant et intimidant de courir avec Elisa Longo Borghini. Je la regardais à la télé, c'était un peu mon idole donc courir avec elle, dans la même équipe, c'est sûr que ça fait quelque chose. Mais elle sait vraiment mettre à l'aise et donner confiance à tout le monde.

« J'ÉTAIS UN PEU DÉÇUE DE MES RÉSULTATS »

Quel rôle occupes-tu au sein de ta nouvelle formation ?
J’ai eu ma chance en début de saison sur des courses un peu moins importantes comme au Tour d'Estrémadure, où j'étais un peu plus protégée mais sur les grosses courses, je suis totalement équipière pour les leaders, comme lors de la Vuelta où on a connu pas mal de malchance, de maladies et de chutes. J'étais déçue de mes résultats personnels là-bas.

Puis tu as eu cet accident à l'entrainement...
J'ai été renversée par une voiture. Je n'ai pas eu de fracture mais on n'a pas exactement su ce que j’avais eu. J'ai eu un choc à la tête, au coude, à la clavicule, au poignet... Ça a été assez long à se remettre mais maintenant, c'est beaucoup mieux. Je n'ai pas couru pendant un bon moment après la Vuelta (du 10 mai au 19 juillet, NDLR). Mais là, je me remets bien, c'est le principal. J'étais contente de retrouver l'équipe le week-end dernier pour courir avec elles.

« IL NE SERVAIT À RIEN DE PRENDRE DES RISQUES »

Comment t’es-tu sentie le week-end dernier, justement ?
Franchement, j'étais contente. On avait un gros collectif le but, c'était de gagner. On fait 1, 2, 6 et 8. Quatre filles dans le Top 10, c'est quand même pas mal. Cette course-là, c'était surtout pour me remettre en jambes, voir où j'en étais d'un point de vue préparation. Ça s'est très bien passé, on a fait une belle course d'équipe.

As-tu des regrets d’avoir manqué le Championnat de France ?
On a pris la décision, avec l'équipe, qu'il ne servait à rien de prendre des risques à courir le Championnat de France n'étant pas du tout remise. J'étais un peu déçue de ne pas pouvoir le faire parce que c'est une course qui me tient à cœur tous les ans. Je pense que c'était vraiment la bonne décision. Ce sera rendez-vous l'année prochaine. L'essentiel, c'est d'être au départ du Tour. 

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