Soan Ruesche : « Ça va me faire bizarre de retourner chez moi »

Crédit photo Aurélien Regnoult / DirectVelo

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Alors qu'il visait un Top 15 au classement général, Soan Ruesche termine finalement 9e de l’Ain Bugey Valromey Tour. Le pensionnaire du centre de formation CIC U Nantes a été régulier tout au long des cinq jours de course pour s’offrir son premier Top 10 sur une épreuve par étapes UCI. “C’est un beau résultat. Beaucoup de gens savent que le Valromey est la course à étapes Juniors la plus difficile. Ça fait plaisir de décrocher un Top 10 à l'international. C'est l'aboutissement de tout mon travail”, apprécie-t-il au micro de DirectVelo.


La cinquième et dernière étape de l’Ain Bugey Valromey Tour était loin d’être de tout repos, avec plus de 1900 mètres de dénivelé positif entre Artemare et Yenne, et le Col du Mont Tournier comme ultime juge de paix avant de redescendre vers l’arrivée. “Au bout de cinq jours de course, ça faisait mal. Il n’y avait quasiment aucun moment avec du plat. C’était la guerre entre les favoris, surtout dans le Mont Tournier où ça a beaucoup explosé. À tout moment, tout pouvait basculer”.

« TOUTES LES CARTES ÉTAIENT REBATTUES »

L’Espagnol Benjamin Noval (MMR Cycling Academy) a accéléré dans les premiers kilomètres du Mont Tournier. Les sept premiers du classement général se sont isolés, mais pas de panique du côté de Soan Ruesche. “Quand Noval attaque, il relâche souvent rapidement son effort. Les coureurs de Grenke Auto-Eder le surveillaient constamment. Soen (Le Pann) était dans mon groupe, donc lorsque Théophile (Vassal) a lâché devant, il a roulé pour ramener Soen. Du coup, on a réussi à rentrer en haut avant la descente. C’était le scénario parfait pour moi, toutes les cartes étaient rebattues”. 

Dans la descente en direction de l’arrivée, le peloton maillot jaune comptait encore une bonne vingtaine d’unités avant l’ultime difficulté des Chemins de la Rochette. “La descente était très technique avec des virages très serrés, il fallait vraiment être placé. J'ai plutôt fait une bonne descente jusqu'au pied du dernier pétard. J’étais un peu mal placé. Noah Lindholm Moller Andersen a attaqué à environ un kilomètre du sommet, il a vraiment mis un gros coup de punch qui a fait mal à tout le monde. J’ai perdu quelques longueurs, mais j’ai rattrapé mon retard dans la dernière descente. J’ai fini à bloc pour garder le Top 10 au général”.

« JE NE GAGNAIS JAMAIS »

Soan Ruesche a réalisé un Valromey très solide. Une grande satisfaction pour le coureur de 17 ans qui avait bien préparé ce rendez-vous en venant en avance pour travailler en montagne. “J'avais mis toutes les chances de mon côté, car je savais que je n’étais pas le plus fort physiquement. Je veux remercier mes parents qui ont investi pour que je parte en stage avec l'équipe”.

Avec cette performance, le vainqueur de la Classique des Pyrénées-Atlantiques continue sa progression. Il sent bien qu’il grandit au fil des années. “Je suis passé de Cadet 1, où je ne gagnais jamais, à Cadet 2, à essayer de jouer des courses régionales. En Juniors 1, j’avais signé mon premier Top 10 en UCI, et maintenant, je me découvre en grimpeur sur l’Ain Bugey Valromey Tour, la course par étapes la plus dure chez les Juniors”. 

« J’ESPÈRE ÊTRE PRÉSENT AU CHAMPIONNAT D'EUROPE »

Cette 37e édition du Valromey lui a permis de beaucoup apprendre, notamment grâce au travail collectif de la formation CIC U Nantes. “Ça va me faire bizarre de retourner chez moi. Ça fait trois semaines que je suis à la montagne. Tout le monde ressort avec une expérience de fou. Le peloton Juniors se professionnalise de plus en plus et on a réussi à faire de belles choses avec l'équipe. Tout le monde a mis la main à la pâte pour me placer, je les remercie infiniment. C'est grâce à eux si j’arrive à ce résultat”. 

Le 11e du Challenge DV Junior s’est fixé d’autres objectifs pour la suite de l’année 2025. Il espère de nouveau s’illustrer. “Le Championnat de France va vite arriver et si tout se passe bien, je devrais partir avec l’équipe de France à Tignes. J’espère être présent au Championnat d’Europe en Ardèche, ça me tient vraiment à coeur”. Comme tous les coureurs de son âge, Soan Ruesche rêve de devenir professionnel, mais il reste lucide sur le chemin à parcourir. “C'est un peu le rêve de tout coureur dans le peloton Juniors, mais il y a encore pas mal de choses à faire. Je suis seulement en Juniors 2, j'ai encore le temps de progresser et de me découvrir”.

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