Felix Gall : « Le pire est passé »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo
Felix Gall préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Voilà, en une phrase, le résumé de l’état d’esprit de l’Autrichien au moment de la première journée de repos du Tour de France, après les dix premières étapes de l’épreuve. Piégé dans un coup de bordure dès le premier jour, loin du compte lors du premier chrono individuel tracé autour de Caen, le leader de la formation Decathlon AG2R La Mondiale a aussi montré qu’il était capable de jouer avec les meilleurs, comme lorsqu’il a pris la 4e place à Mûr-de-Bretagne, derrière les intouchables Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard.
Ce lundi, lors de la dixième journée de course consécutive, il a perdu des secondes précieuses dans la dernière ascension. “C’était une étape particulière car il y avait énormément de dénivelé et de GPM tout au long de l’étape, mais les montées n’étaient jamais très longues pour autant et des mecs qui ne sont pas de purs grimpeurs ont pu passer”, résumait-il ce mardi en début d’après-midi auprès de DirectVelo et de la presse germanophone, via une visio.
« SI JE DOIS TENTER D’ANTICIPER, CE SERA PLUTÔT EN TROISIÈME SEMAINE »
Malgré quelques coups de moins bien, il est toujours dans le jeu au général puisqu’il occupe actuellement la 11e place du classement, à 5’38” de l’Irlandais Ben Healy. “Je m’oriente plutôt vers une place au classement général, pour le moment. Il est de toute façon difficile de trouver des opportunités pour aller dans une échappée, même si ça me tente également. Par exemple, pour l’étape d’Hautacam, il faudra attendre plus de 70 km pour avoir le pied du premier grand col. Il n’est pas vraiment envisageable de se battre pour prendre l’échappée sur le plat, j’y laisserais trop d’énergie”, répond l’ancien lauréat de l’étape de Courchevel, il y a deux ans, lorsqu’on lui demande s’il compte tout miser sur le général ou viser une victoire d’étape. “Si je dois tenter d’anticiper une fois, ce sera plutôt en troisième semaine, mais pas ces prochains jours”, tranche-t-il clairement.
Légèrement malade et diminué physiquement, Felix Gall s’est arraché pour limiter la casse, en attendant la haute montagne, son domaine de prédilection. “J’ose espérer que le pire est passé, je pense que c’est le cas. Les coups de moins bien, ça fait partie du jeu dans le sport de haut niveau. Disons que dans ce contexte particulier, je pense m’en être plutôt pas mal tiré. Quand tu es un peu moins bien, ça peut passer inaperçu et ça peut rester sans conséquences sur des étapes réservées aux sprinteurs mais lors de journées comme celle d’hier (lundi), tu ne peux pas te cacher. J’ai tout donné, et on a tout donné collectivement pour encore une fois limiter la casse au maximum, en attendant des jours meilleurs”.
« ON A TENU BON, C'ÉTAIT LE MOT D’ORDRE »
Depuis le début du Tour, et à l’exception du très bon chrono de Bruno Armirail en terres normandes, et d'un accessit d'Aurélien Paret-Peintre à Boulogne-sur-Mer, l’équipe Decathlon AG2R La Mondiale peine à exister. “On sait que sur le Tour, tout est décuplé : le niveau d’intensité, l’importance du placement, la tension, la vitesse du début à la fin des étapes. Il faut tout donner, tout le temps”. Cette première moitié de Tour de France plus que mitigée de la part de la WorldTeam hexagonale n’inquiète pas Felix Gall outre mesure. “On a bien passé ces dix jours. On a tenu bon, c’était le mot d’ordre. On a perdu un peu de temps, bien sûr, mais ça reste raisonnable. C’est correct, on a bien géré tout le stress des premiers jours, l’énergie dépensée à rester placé aux moments clefs etc, à éviter les chutes, ou pas… Mais il y a eu plus de peur que de mal pour ma part”.
Dès le premier jour, l’Autrichien a perdu un équipier de choix en la personne de Stefan Bissegger, victime d’une lourde chute. “Il manque forcément au collectif, c’était un élément important”. Mais Felix Gall veut aller de l’avant. “Il reste encore beaucoup de belles choses à faire et je vais bientôt arriver sur mon terrain. J’ai hâte de voir ce que ça va donner”. Le Tour de France est loin d’être fini et après avoir souvent subi la course jusque-là, l’athlète de 27 ans compte bien montrer ce qu’il a dans le ventre.
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