Paul Seixas au Tour de l’Avenir, Pierre-Yves Chatelon a tranché

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

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C’était l’une des incertitudes de son calendrier estival. Après avoir participé au Tour de l’Ain, Paul Seixas sera bien engagé sur le prochain Tour de l’Avenir. Le coureur de Decathlon AG2R La Mondiale espérait être au départ depuis son passage cet hiver dans la catégorie Espoirs et ce ne sont pas ses excellents débuts professionnels qui ont inversé la tendance. Mais restait encore à convaincre Pierre-Yves Chatelon, réfractaire dans un premier temps à prendre un coureur qui ne pourra pas participer dans la foulée aux Championnats internationaux avec les Espoirs. Finalement, le sélectionneur national a changé d’avis alors que le nom de Paul Seixas circule également pour disputer le Championnat d’Europe Élites, en Drôme-Ardèche. Pierre-Yves Chatelon explique à DirectVelo pourquoi le Rhodanien sera au départ du Tour de l’Avenir, et quelles seront les attentes.


DirectVelo : Paul Seixas sera bien présent sur le prochain Tour de l’Avenir. Pourquoi tenait-il tant à le faire ?
Pierre-Yves Chatelon : Il ne me l'a pas vraiment expliqué mais dans son esprit, ça reste la course de référence, comme dans l'esprit de la plupart des coureurs U23. C’est le Tour de France des jeunes. Dans son cursus de formation, ce sera une étape intéressante pour lui, pour son développement mais aussi pour ceux qui seront autour de lui.

« RIEN D'ACQUIS »

Pourquoi as-tu hésité à le sélectionner ?
Dès la fin du Tour des Alpes, Paul m'a fait savoir qu'il souhaitait absolument faire le Tour de l'Avenir. Dans un premier temps, je lui ai dit qu'il n'y avait rien d'acquis parce qu'initialement on avait prévu une stratégie de mettre au Tour de l'Avenir les coureurs susceptibles de disputer le Championnat d'Europe en Drôme-Ardèche ou le Championnat du Monde, au Rwanda. L’idée était donc de considérer le Tour de l’Avenir comme une sorte de préparation pour ce groupe-là. Dans la mesure où, cette année, on ne peut pas aligner les coureurs WorldTour sur ces deux courses, la candidature de Paul était de fait éliminée. Mais je lui avais laissé toutefois entendre que cette stratégie pouvait changer.

Et elle a changé…
Je lui ai dit qu’on prendrait une décision ensemble en juin, à l'issue du Championnat de France. Son très bon Dauphiné est passé par là avec tout le battage médiatique qu'il y a eu autour de lui. À l'issue du chrono du Championnat de France, je lui ai demandé s'il était toujours motivé pour venir. C'est le cas. Sa présence au Tour de l’Avenir fait sens dans son cursus de formation, lui qui a été en équipe de France Juniors ces deux dernières années. C’est une continuité. C'était aussi l'année ou jamais pour mettre Paul au Tour de l'Avenir avec la nouvelle réglementation qui arrive.

Sa présence va changer le Tour de l’Avenir de l’équipe de France…
J'ai interrogé les autres coureurs du collectif susceptibles de faire le Tour de l'Avenir. Tout le monde était ravi de la possible présence de Paul. Rouler pour un garçon avec un tel talent et un charisme un peu détaché comme celui de Paul, ça peut être une super aventure pour tout le monde.

« DES CONSIGNES POUR AIDER PAUL MAIS… »

Ça sera tout pour lui ?
Non, parce que c'est déjà un schéma qu'il connaît dans le WorldTour, notamment lors du Dauphiné. Nous, on a toujours fait le Tour de l'Avenir en laissant sa chance à chacun des coureurs présents dans l'effectif. Alors oui, il y aura des consignes pour aider Paul mais s'il évolue au niveau auquel il a évolué depuis le début de saison, il n'aura pas besoin de grand monde une fois qu'on arrivera notamment dans les deux dernières étapes de montagne. On aura déjà de gros enseignements à l'issue du prologue de Tignes.

Les courses Espoirs sont assez différentes de celles du WorldTour…
Je pense que c'est bien après le schéma WorldTour de le mettre dans un schéma de course U23. C’est débridé et difficile à contrôler. Et pour le coup, il aura une pression de leader et une pression du résultat. Il sera très attendu.

Et très sollicité avant et pendant la course… Ce qui n’arrive jamais pour un leader de l’équipe de France sur la course…
Oui, on peut imaginer qu'il y ait tout un engouement, une ferveur populaire et médiatique autour de la participation de Paul. Donc c'est aussi un apprentissage du leadership avec la pression de devoir gagner le Tour de l'Avenir. Ça nous permettra aussi de le mettre en garde par rapport à toutes les attentes. Je rappelle volontairement qu'il y a trois ans, on avait aussi de grosses certitudes avec Lenny Martinez en pensant qu'il allait facilement s'imposer. Et ça n’a pas été le cas, puisque cette année-là, c'est Cian Uijtdebroeks qui s'était imposé. Lenny était passé un petit peu au travers de son Tour de l'Avenir. Qu'il gagne ou qu'il perde le Tour de l'Avenir, ce n'est pas la question. Ce qui est essentiel, c'est l'apprentissage qu'il fera dans cette épreuve.

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