CLM : Un Championnat de France trop court ?

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo
Avec ses 26,5 km, le contre-la-montre du Championnat de France est exceptionnellement court aux Herbiers. "C’est une distance beaucoup plus courte que ce qu’on connaît habituellement en Elite. Ce n’est presque rien. Je ne dirais pas que c’est un désavantage pour moi, au contraire. Chez les jeunes, c’était la distance sur laquelle je réalisais mes meilleurs chronos", se rappelle Kévin Vauquelin. Benjamin Thomas pèse le pour et le contre. "Je ne suis pas contre le changement. Le côté positif, c'est que ça pousse plus de coureurs à participer. C’est moins effrayant qu’un chrono de 50 bornes. C’est bien aussi pour le suspense, car les écarts seront forcément moins importants. Je pense qu’il y aura plus de spectacle et de densité. Le côté négatif, c’est que c’est complètement différent pour les purs spécialistes par rapport à un chrono d’une heure. C’est un autre effort".
Parmi ces purs spécialistes évoqués par le coureur de Cofidis, Bruno Armirail aurait aimé un peu plus de distance. "Pour beaucoup de coureurs, cette distance va être bien. De mon côté, j’aurais bien aimé un chrono de 40-45 kilomètres. Il faut faire avec. Le parcours est difficile, donc il y a quand même moyen de faire quelques différences. On aura un chrono de 33-34 minutes. On sait que des coureurs craquent après 30 minutes sur un chrono. C’est une gestion différente". 8e du scratch l'an dernier et double Champion en titre chez les amateurs, Mathias Ribeiro da Cruz n'était pas non plus contre un chrono plus long. "Je préférais les distances de 35 kilomètres, comme les deux dernières années. 45, c'est bien de temps en temps mais ça reste un peu long et un peu dur pour les amateurs. Là je trouve ça court, j'aurais aimé plus long".
DES SURPRISES QUAND MÊME LIMITÉES
De l'autre côté, il y a des amateurs qui se réjouissent aussi d'avoir moins de distance à couvrir. "Je trouve que la distance est bien équilibrée. Un effort de 30 à 40 minutes, comme l’an dernier, c’est une durée sympa", pense Artus Jaladeau, alors que Benjamin Marais pense aussi à la logistique et au public. "Ça permet d'avoir moins de routes à couper. Je trouve que c'est intéressant. Pour les spectateurs, je pense que c'est bien que ça soit un peu plus court. On le sait, les chronos attirent un peu moins qu'une course en ligne. Pour les femmes, je pense que 25 kilomètres, c'est peut-être mieux aussi". Julie Bego ne contredit pas le coureur du Vendée U. "Je trouve que c'est mieux. Il n'y a pas d'intérêt à faire des chronos très longs. Les écarts seront déjà bien assez grands sur 27 kilomètres".
Peut-être que cette distance permettra des surprises, comme un amateur au contact des pros. Jean-Christophe Péraud, alors au Creusot Cyclisme, avait réussi à aller chercher le titre en 2009. Yoann Paillot avait lui décroché l'argent sous les couleurs de l'Océane Top 16, en 2017. "C'est possible que les amateurs se rapprochent des pros mais je pense qu'on a des bons rouleurs grimpeurs comme Bruno Armirail ou Paul Seixas, donc ça risque d’être compliqué", tempère Mathias Ribeiro da Cruz. Benjamin Marais n'y croit pas beaucoup non plus. "C'est encore une marche au-dessus. On l'a vu à la reco. Alexys Brunel et Samuel Leroux ont des braquets plus importants que nous. Mais ça reste intéressant de se comparer". Même chose pour Artus Jaladeau, sceptique. "Le différentiel de temps sera moins important. Après, est-ce que ça changera réellement quelque chose au classement ? Je ne suis pas certain". Réponse ce jeudi.
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