Nicolas Prodhomme : « C’est au-delà de mes espérances »
Crédit photo Bruno Bade / LNC
Il a parfaitement géré son affaire et surpassé son objectif. Ce vendredi, Nicolas Prodhomme a remporté l’étape-reine de la Route d’Occitanie avec le mythique enchaînement du Tourmalet et de Luz-Ardiden. Le grimpeur de Decathlon-AG2R La Mondiale a parfaitement mené sa barque en laissant l’Italien Davide Piganzoli (Polti VisitMalta) s’épuiser seul en tête dans la descente du Tourmalet puis dans la première partie de l’ascension finale. Au train, il a également fini par asphyxier les coureurs qui l’ont longtemps accompagné, l’Espagnol Cristian Rodriguez (Arkéa-B&B Hôtels) et le Colombien Jefferson Cepeda (EF Education-Easy Post), lesquels ont totalement explosé dans les dix derniers kilomètres pour terminer à plus de dix minutes du Français, qui s’empare fort logiquement du maillot orange de leader à la veille de l’arrivée finale.
“Cette étape, je l’attendais ! Il y a toujours une petite incertitude sur la condition physique lorsque l’on revient du Giro. Si je n’avais pas terminé sur le podium, j’aurais été un peu déçu. Mais là, c’est au-delà de mes espérances. Je ne m’attendais pas à gagner avec une telle avance”, concédait le lauréat au micro de DirectVelo, à sa descente du podium protocolaire. “Depuis un mois et demi, ma carrière a pris un tournant important. La première victoire avec Paul (Seixas) au Tour des Alpes, c’était déjà énorme, un déblocage. Au Giro, il m’a fallu une semaine pour réaliser ce que j’avais fait, sur une étape de 5000 mètres de dénivelé. Ça donne de la confiance, même si j’ai aussi progressé physiquement”.
« J’AVAIS PEUR QUE ÇA SE REGARDE »
Dans les cols pyrénéens, il a cette fois-ci souhaité que la course “soit rendue la plus difficile possible” par ses coéquipiers. Entre la difficulté du parcours et la chaleur étouffante, les défaillances ont été nombreuses. Et Nicolas Prodhomme savait parfaitement à quel moment porter le coup de grâce, lorsque Steff Cras (TotalEnergies) était sur le point de le ramener sur Davide Piganzoli. “J’avais peur que ça se regarde au moment de la jonction. C’était aussi la partie la plus raide du dernier col alors je me suis dit qu’il fallait y aller. Je me sentais bien et à l’inverse, j’ai senti une petite faiblesse du côté de Steff Cras. Cette attaque était tranchante car j’ai cherché à le démoraliser”. Sur la ligne d’arrivée, il aura finalement repoussé son premier adversaire à 1’53”. Le 10e de l’étape, l’Espagnol Ibon Ruiz (Kern Pharma), termine à plus de cinq minutes.
Le plus dur est-il fait pour le classement général, ou les chances d’avoir une dernière étape incontrôlable sont-elles importantes ? “Ce sera une journée difficile”, concède le nouveau leader. Qu’en pense son directeur sportif, Didier Jannel ? “Deux minutes, c’est bien, mais l’étape ne sera pas facile. Il faudra bien gérer, avec le Portet d’Aspet tout de suite en début d’étape (sommet au Km 24, NDLR). Il y a moyen qu’une grande échappée avec beaucoup de coureurs loin au général sorte. Il faudra être vigilant quant à l’identité de ces coureurs et celui le mieux placé au général. Suivant la situation de course, on pourra gérer jusqu’à Saint-Girons. On a une équipe solide, de rouleurs. Quand tu gagnes une étape et que tu prends le maillot de leader, la confiance s’installe. Et avec cette confiance, on peut soulever des montagnes”. Nicolas Prodhomme est en tout cas bien déterminé à décrocher son premier classement général pour ce qui serait sa quatrième victoire en deux mois. “J’espère envoyer encore un message en gagnant l’épreuve”.
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