Mathys Rondel : « Le mental n’a pas lâché »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

Sur les hauteurs du Mont-Cenis, où il était déjà arrivé sur un Tour de l’Avenir, Mathys Rondel n’a pas pris le temps d’admirer le paysage. Le grimpeur de la Tudor Pro Cycling s’est assis sur un rocher, dos au lac, pour récupérer et enfiler une veste avant de rejoindre le bus de sa formation garé à Lanslebourg, au pied du Col. Avant de redescendre, le coureur de 21 ans, classé 15e du général du Critérium du Dauphiné, a fait le bilan de sa semaine au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Comment as-tu vécu cette dernière étape du Dauphiné ?
Mathys Rondel : C’était l’une de mes pires journées sur le vélo. J'ai essayé d'aller dans l'échappée, donc j'ai cramé des cartouches assez vite. Derrière, UAE a commencé à mettre un tempo. Je pense que c'était juste pour contrôler, parce qu'ils avaient le maillot jaune. Puis Uno-X a poussé toute la journée, avec un très très gros rythme. C'était hyper usant. J'étais déjà un peu entamé du début de l’étape, et de la semaine en général. C'était très dur.

« IL FAUT ÊTRE UN PEU PATIENT »

La veille, il y avait eu cette étape avec trois longs cols…
Je n'étais pas aussi bien qu'au Tour de Romandie (où il avait fini 9e du général, NDLR). Je suis arrivé sur les étapes de montagne déjà bien entamé. Ça s'est fait plus avec la tête qu'avec les jambes. Avec la fatigue, le placement était aussi moins bon. Quand ça lance dans l'avant-dernier col, la Croix-de-Fer, il y a dix ou quinze mecs qui pètent d'un coup. J’ai dû slalomer entre tous. Ça me fait déjà un effort pour essayer de rentrer sur le groupe. Ils roulaient tellement vite devant. Avec la vitesse, quand tu n'as pas l'aéro, tu mets tout de suite dix à quinze watts de plus. À ce niveau-là, c'est énorme. Je ne bascule pas avec les meilleurs, je ne suis pas trop loin mais je n'arrive jamais à revenir. Il y avait Louis Barré qui a fait toute la vallée. Après, j'ai fait la montée de Valmeinier avec ce qui me restait. Je ne suis pas satisfait par le niveau de forme, mais le mental n'a pas lâché.

C’est ce que tu retiendras de ton Dauphiné ?
Oui, même aujourd'hui, dès les premières bosses, dans la tête, il y a 10 000 choses qui se passaient. J'hésitais quasiment à arrêter parce que j'étais à bout. Les jambes étaient vraiment fatiguées. Mais j'étais aussi motivé par mes équipiers. Ils ont fait un bon boulot toute la semaine. Ils m'ont encouragé sur cette dernière étape. Dans toutes les bosses, j'étais à la limite. Pareil dans le dernier col. Au moins, j'ai fini mon premier Dauphiné avec la forme que j'avais. Ça va servir pour la suite. C'est surtout ça qui est important. Je dois accumuler ce genre de grosses charges et de l'expérience sur ces courses-là, notamment sur le placement. Une fois que toutes les étoiles seront alignées, que la forme sera bonne et que j'aurai appliqué tout ce que j'ai appris, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas. Il faut être un peu patient. 

« CE QU’ON VEUT, C’EST DE LA RÉGULARITÉ »

Quelle va être la suite pour toi après ce Dauphiné ?
Ça va être un restau ce soir et du repos demain (lundi) ! Et puis après, il y aura le Championnat de France, chrono et route. Le contre-la-montre, c’est pour l’expérience. La route, c’est pour voir ce que je peux faire avec ce qu'il me reste. Parce que là, les jambes sont bien entamées. J’y vais aussi pour l’expérience parce que ça reste une course d'un jour sans oreillettes. On ne sera pas beaucoup de l’équipe. Il y aura 30 Groupama-FDJ, autant de TotalEnergies ou de Cofidis. J’y vais aussi pour faire du vélo parce que le but, c'est de faire de la compétition quand tu es coureur. 

Qu'espères-tu de la seconde partie de saison ?
Je n’ai pas encore mon programme. Ce qu'on veut, c'est de la régularité. Et pour le moment, la forme est montée progressivement sur les premiers mois. Et puis là, ça fait quand même deux mois que je suis à haut niveau. Mais ça commence à redescendre un peu, on va dire, niveau forme. Le but, ça va être de bien se reposer et de repartir pour faire une bonne fin de saison. Si je peux avoir une victoire dès ma première année pro, ce ne serait pas mal. Mais on va se satisfaire aussi de très bons résultats et de la prise d'expérience, pour que ça serve pour les années prochaines.

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