Romain Bardet : « Vite rappelé à l’ordre »

Crédit photo A.S.O. / Tony Esnault
La pluie a longtemps menacé, elle s’est même invitée à la fête pendant quelques minutes. Mais c’est finalement sous un grand soleil, et dans le décor majestueux du lac du Mont-Cenis, aux portes de l’Italie, que Romain Bardet a terminé ce dimanche sa carrière professionnelle qui aura duré quatorze saisons.
« JE NE M’Y ATTENDAIS PAS »
Bien qu’arrivé à plus de onze minutes de son compatriote Lenny Martinez, il a reçu une véritable ovation de la part du public, où on comptait presque autant de Français que d’Italiens. “Aujourd'hui, c'était super dur toute la journée. C'est du soulagement d’arriver parce que j'avais mal aux jambes, c'était vraiment dur. Ça faisait un moment, depuis début mars, que je me préparais pour le Giro, et là je n'ai plus du tout d'énergie. J'ai fini parce que j'ai eu beaucoup de plaisir à voir tout ce monde au bord de la route. C'est une magnifique course pour terminer”, a-t-il commencé par déclarer aux nombreux médias qui l’avaient attendu juste après la ligne d’arrivée.
Au départ d’Aiguebelle ce dimanche matin, il a eu du mal à cacher son émotion quand l’ensemble du peloton lui a fait une haie d’honneur. “C'était magnifique, je ne m'y attendais pas. Ça m'a touché”. Tout cela sous les yeux de son fils Angus qui s’est lui aussi présenté au départ sur son vélo. Mais une fois les fauves lâchés, il n’y a pas eu de cadeau. Dès les premiers kilomètres, le rythme a été une nouvelle fois très rapide. “C’était tellement infernal que ça m'a vite rappelé à l'ordre après les efforts d'hier, dit le coureur échappé la veille sur la route de Valmeinier. Il y avait un grand écart entre l'avant-course, chargé d’émotion, et la course qui a été hyper difficile”.
La montée vers le lac du Mont-Cenis lui a semblé bien longue, même s’il a essayé d’en profiter une dernière fois. “Je me disais : “vivement que ça se termine !”. Honnêtement, je suis épuisé. Je n'arrive plus à souffrir pour une 15e place. J'ai beaucoup donné et là je sens que le réservoir est complètement vide”.
« IL VA ME MANQUER »
Romain Bardet est redescendu vers Lanslebourg, au pied du Mont-Cenis, accompagné de plusieurs de ses coéquipiers, dont Chris Hamilton, qui a fini l’étape à ses côtés, son ami Romain Combaud, et le jeune Bjoern Koerdt, arrivé cet hiver en provenance du CC Étupes. “C'est un moment vraiment important, a apprécié le Britannique. Partager sa dernière course à domicile, c'est très spécial. Romain représente le cyclisme. J'ai grandi en le regardant. Il y a dix ans, j'étais ici, tout petit, dans les Alpes, à regarder Romain remporter une étape du Tour de France. Maintenant, j’en fais partie. C’est un grand moment de ma vie”.
Un moment aussi très spécial pour Stéphane Perrot, assistant français de l’équipe néerlandaise. “Il va me manquer, c’est sûr. J'ai commencé en 2013 avec lui chez AG2R, il y a douze ans. Il a beaucoup d'humilité, il est très réservé. Il prend soin du personnel. Je n’ai rien à redire. Il paraît froid de temps en temps par rapport au public, mais l'homme est extraordinaire. Le dernier massage hier soir était quand même rempli d'émotion”.
Romain Bardet et ses proches, dont plusieurs personnes de son ancienne équipe AG2R La Mondiale, ont prévu de passer la soirée ensemble pour fêter une longue et belle carrière. Ce lundi matin, l’ancien 2e du Tour de France ne sera plus coureur cycliste. “Je suis content de retrouver les miens et de ne pas avoir un timing en tête pour la prochaine course dès demain ou après-demain. Tout s'est bien passé, j'ai pu finir là où je voulais”. Pendant toute sa carrière, Romain Bardet a toujours voulu maîtriser ce qu’il faisait. Sans grande surprise, malgré quelques aléas en début de saison, il aura réussi sa sortie.
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