Lenny Martinez : « J’étais très nul et complètement démotivé »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

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Lenny Martinez ne passe jamais à côté sur les courses WorldTour depuis le début de saison. Vainqueur d’étape à Paris-Nice, 5e du Tour de Catalogne, 4e de la Flèche Wallonne, vainqueur d’étape, porteur du maillot de leader et finalement 2e du Tour de Romandie, il était pourtant parti pour traverser le Critérium du Dauphiné dans l’anonymat, loin de sa meilleure condition. “Hier, je n’étais pas bien du tout, les journées précédentes, je n’étais pas top non plus. Alors honnêtement, aujourd’hui je ne m’attendais pas à grand-chose”. Pourtant, dans un sursaut d’orgueil, le grimpeur de la Bahrain Victorious est parvenu à prendre la bonne échappée, ce dimanche. “Je voulais essayer quand même car je me sentais bien sur les premiers kilomètres. Il était très dur de prendre l’échappée, déjà, et ce n’est que petit à petit que j’ai pensé à la victoire”.


Jusqu’à parvenir à se débarrasser de tous ses adversaires un à un pour l'emporter, après avoir pourtant plusieurs fois semblé à la limite de la rupture. Dans un dernier duel haletant face à Enric Mas, qui n’était pas sans rappeler celui qui l'avait opposé à Joao Almeida en Romandie, l’Azuréen a finalement pris le dessus pour filer en solitaire et résister au retour du duo infernal Pogacar-Vingegaard. “Je ne savais pas si on pourrait aller au bout. J’ai pensé me faire rattraper. Ce n’est qu’à la fin que j’ai compris qu’il était possible d’aller gagner”.

Ce succès acquis dans la douleur lui a procuré énormément d’émotions. “J’avais les larmes aux yeux dans les derniers mètres. C’est rare que ça me fasse ça, mais après avoir été très nul tout le Dauphiné, c’est super. La semaine n’a pas été simple. Ce matin, honnêtement, j’étais complètement démotivé”. Voilà qui démontre une grosse force de caractère pour un coureur qui, initialement, avait des vues sur le classement général. “J’étais venu pour autre chose mais si on m’avait dit avant la course que j’allais gagner une étape, j’aurais été content”. Place désormais à un dernier bloc de travail avant le Tour de France et cette fois-ci, c’est bel et bien les victoires d’étapes qu’il jouera, plutôt qu’un général. “Je vais essayer d’aller faire un gros coup”. Nul doute qu’il en est largement capable, lui qui vient de décrocher au Mont-Cenis sa neuvième victoire chez les pros, à 21 ans.

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