Paul Seixas : « Gérer était le mieux à faire »

Crédit photo ASO - Tony Esnault

Crédit photo ASO - Tony Esnault

Paul Seixas est encore jeune. Et les scènes à l'arrivée à Combloux le rappellent. Encore sur le home trainer, le coureur de 18 ans a vu une joyeuse troupe débarquer. Ses amis, au visage juvénile, comme lui, n'ont pas manqué de faire le déplacement pour encourager celui qui est leur pote, avant d'être l'avenir du cyclisme français. Le groupe n'a pas manqué de refaire le match. Car pour une première étape de montagne dans le WorldTour, et qui plus est directement dans le grand bain vu le plateau présent au Critérium du Dauphiné, Paul Seixas s'en est bien tiré, ce vendredi, pour l'arrivée en haut de la Côte de la Cry. Le coureur de Decathlon AG2R La Mondiale a bien géré l'enchainement avec Domancy pour ne pas exploser en plein vol, après avoir même tenu le train des UAE Team Emirates et des Visma-Lease a Bike dans la Côte du Mont-Saxonnex. À l'arrivée, c'est un Paul Seixas heureux qui s'est présenté au micro de DirectVelo, alors que l'étape reine attend le peloton ce samedi.


DirectVelo : Tu t'en tires avec un Top 10 aujourd'hui !
Paul Seixas : Franchement c'est super, l'équipe a fait un gros taf. Toute la journée on était bien placés. Oli (Naesen) nous a placés à merveille au pied du Mont-Saxonnex, ce qui nous a permis d'accrocher le bon groupe et peut-être de sauver un peu d'énergie pour la fin. Donc franchement chapeau à lui, chapeau à toute l'équipe. Après, dans la dernière bosse, ça s'est fait à la pédale. Ça montait tellement vite, je suis monté un peu à mon rythme. Je suis parti un poil fort dans Domancy, mais après je pense que j'ai plutôt bien géré. À l'arrivée je me suis vraiment accroché au mental et j'espère que demain ça va aussi bien se passer qu'aujourd'hui.

Qu'as-tu pensé de Domancy ?
C'était raide, ça me convenait plutôt bien. C'était une étape assez courte, donc je pense que ça me convenait encore plus. Maintenant on verra demain, ça sera différent. Je vais essayer de m'accrocher comme aujourd'hui, et on verra ce que ça donne.

Qu'apprends-tu au contact des meilleurs ?
J'apprends que c'est très dur, et qu'il y a un niveau qui est extrêmement homogène. Je pense que je vais essayer de m'accrocher, je découvre un peu le niveau des meilleurs, donc c'est sympa. Tout est relatif. Je savais qu'à des moments ça pouvait temporiser. Le rythme est plutôt variable, mais il y a des moments où tu vois que tu ne peux pas t'accrocher, même une minute, donc il vaut mieux gérer et monter à son rythme. Surtout dans la dernière bosse où il n'y a pas de descente après, je pense que gérer était le mieux à faire.

« FAIRE LE VIDE DANS MA TÊTE »

Tu penses être encore plus à l'aise demain avec de longs cols ?
On verra surtout à ma récupération, je prends les étapes comme elles viennent, au jour le jour. Tout est possible. Aujourd'hui les sensations étaient bonnes, j'ai bien réussi à gérer la chaleur, gérer mes efforts aussi, ne pas craquer, parce qu'on a quand même monté deux cols vraiment très forts, et ce n'est pas forcément facile. C'est un peu nouveau pour moi, surtout après six jours de course. Tous les jours je suis un peu dans l'inconnu, mais pour l'instant ça se passe très bien.

Comment arrives-tu à gérer toute cette progression en étant encore un tout jeune coureur ?
Je pense que je suis vraiment en forme physiquement, j'ai vraiment passé encore un palier, et surtout avec ce stage en altitude avec l'équipe, c'était vraiment une très belle prépa, avec tous ces petits détails. L'équipe avec le placement, on connaissait l'étape, moi je connaissais un peu aussi, donc je savais un peu comment placer. Aurel (Paret-Peintre) nous a très bien guidés tout au long de l'étape, c'était le local on va dire. Le stage a été très bénéfique, le programme était très bien adapté, donc c'est un peu un tout.

Tout le monde s'enflamme un peu sur toi, le vois-tu sur les réseaux, en es-tu conscient ?
Je fais complètement abstraction. Déjà en temps normal, mais vraiment, encore plus ces derniers jours. Je ne préfère pas perdre de temps à regarder mon téléphone inutilement, pour me concentrer sur ce que j'ai à faire. J'essaie vraiment de faire le vide dans ma tête en ce moment, de me concentrer sur la course, de me concentrer sur mes objectifs, et après on verra comment ça se passe.

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