Pierre Latour : « Il fallait que je me barre tout seul »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Plus de quatre ans après son dernier succès sur le continent européen - il avait remporté une étape du Tour du Rwanda l’an passé -, Pierre Latour a retrouvé les joies du succès ce vendredi, à l’occasion de la première étape en ligne des Boucles de la Mayenne. Sorti peu avant la flamme rouge en contrant une attaque de Florian Sénéchal, le puncheur du Team TotalEnergies a piégé la meute des sprinteurs (voir classement). Il s’offre ainsi une victoire qui lui fait énormément de bien, après avoir vécu de sales moments ces derniers temps, se demandant même régulièrement s’il valait encore le coup de continuer la compétition, en raison notamment de sa phobie des descentes rapides. DirectVelo était présent dans la zone d’arrivée de Juvigné pour recueillir la réaction du Drômois de 31 ans.


DirectVelo : Tu es parvenu à piéger les sprinteurs au prix d’un sacré effort dans le final !
Pierre Latour : À la bascule de la bosse à la fin du premier tour, j’ai réalisé qu’on arrivait super vite jusqu’à la ligne et que ça pouvait le faire pour quelqu’un qui attaquerait peu avant l’arrivée. Je m’étais fait la réflexion, mais pas du tout pour moi. Je pensais plutôt à des coureurs comme Benoît (Cosnefroy) en me disant que s’ils mettaient une mine là, ça pouvait tenir jusqu’au bout. Au sein de l’équipe, on pensait plutôt que ça allait arriver au sprint, avec un petit groupe, mais on voulait quand même essayer de suivre les coups dans le dernier tour de circuit, si jamais. J’avais du mal à me replacer alors je suis longtemps resté loin derrière les autres gars de l’équipe, mais j’ai réussi à remonter dans la dernière bosse.

Et tu as finalement trouvé l’ouverture !
Initialement, je voulais monter la bosse en lissant l’effort pour Valentin (Retailleau) et Jason (Tesson) en vue d’un sprint mais les EF ont mis un coup de gaz puis « Senech » (Florian Sénéchal, NDLR) en a mis une. Là, je me suis dit “pourquoi pas” et j’ai contré. Je le connais bien, on a beaucoup couru ensemble dès les amateurs. Je savais que si j’arrivais avec lui, c’était mort. Alors il fallait que je me barre tout seul (rire).

On te sent surpris d’avoir réussi ton coup !
C’est rare que ça marche alors je suis content, ça fait du bien mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à ça.

« ÇA NE CHANGE PAS MA FAÇON DE PENSER »

Ces derniers mois, tu as plusieurs fois évoqué l’éventualité d’arrêter la compétition très prochainement. Finalement, te voilà vainqueur d’étape sur une épreuve de niveau ProSeries…
Ça ne change pas ma façon de penser. Là, ça s’est bien passé mais il y a toujours des moments où ce n’est pas simple, surtout dans les descentes. Sur des routes comme celles-ci ou celles du Tour Poitou-Charentes, je ne suis pas emmerdé car il n’y a pas de grands cols donc pas de longues descentes. Si je perds dix places dans le peloton, ça ne se voit pas trop… Mais sinon, ça ne change rien. De façon plus générale, pour la suite, c’est à voir au fil de la saison.

Tu reviens de quatre longues semaines de stage en Sierra Nevada. Cette victoire, c’est déjà la récompense de ce gros travail en altitude ?   
Hier, ce travail ne s’est pas trop vu sur le prologue (rire). En début de course aujourd’hui, non plus. Pendant tout le stage, j’ai senti que ça allait mais le rythme de course me manquait. J’ai eu du mal en début de course mais sur une journée entière, c’est plutôt pas mal, oui.

N’est-il pas difficile, à 31 ans, de laisser ses proches pendant un mois pour partir en stage, qui plus est avec la motivation en dents de scie qui pouvait être la tienne par moments ces derniers temps ?
C’est le boulot, c’est comme tout, il y a des obligations. C’est comme ça. L’hiver, tu peux être plus de deux mois à la maison alors franchement, ça va. Aujourd’hui, je gagne et je ne suis pas un coureur qui gagne souvent sur les courses en ligne alors je vais en profiter car elle fait du bien.

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