Portrait : Johan Blanc, de l'Aubrac au massif jurassien

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Son accent chantant ne trompe pas alors impossible de mentir sur son identité et ses origines : Johan Blanc est un pur produit du sud-ouest. Plus précisément de l’Aveyron. Né à Rodez, il vit depuis toujours à quelques kilomètres de la cité de Pierre Soulages, à Olemps. C’est ici qu’il découvre, “relativement tard”, le cyclisme, en regardant le Tour de France en famille. “Celui que gagne Egan Bernal”, en 2019. Johan Blanc se lance d’abord en triathlon mais il préfère le deux roues à la natation ou à la course à pied. Le vélo devient très vite une passion et reste longtemps un jeu, même si le garçon enchaîne les très belles performances dans plusieurs disciplines. En VTT, d’abord, jusqu’à décrocher la médaille d’argent sur un Championnat de France Cadets après avoir gagné en Coupe de France dès les rangs Minimes. En cyclo-cross également, puisqu’il l’emporte à deux reprises sur des manches de Coupe de France, toujours dans la catégorie U17.


Son père, son oncle et son grand-père sont tous des pratiquants, alors que sa sœur a elle opté pour le basket. Amoureux des grands espaces, Johan Blanc travaille ses qualités de puncheur autour de Rodez, “dans des côtes qui ne font jamais plus de cinq kilomètres”. Alors quand il veut avaler de plus longs cols, il file dans l’Aubrac, “un coin tranquille où je me régale, sans trop de circulation”. Il s’adonne également à une autre activité, la pêche, avec son père. “Mais maintenant, ça devient plus compliqué, entre l’importance qu’a pris le vélo et l’école à côté, j’ai moins de temps pour pêcher”.

LE VTT MIS DE CÔTÉ POUR PROGRESSER SUR LA ROUTE

Car s’il continue de vouloir évoluer “sans pression”, Johan Blanc ne peut plus se cacher. Très bon 2e du Challenge DirectVelo des J1 l’an dernier, seulement devancé de quatre petits points, il a plus que confirmé en cette première partie d’exercice 2025, puisqu’il caracole en tête du classement scratch cette fois-ci (voir ici). “Forcément, j’ai maintenant commencé à prendre le vélo plus au sérieux même s’il faut faire attention car si je fais carrière, et j’espère qu’elle sera longue, j’aurai tout le temps de me mettre la pression plus tard”, insiste le sociétaire du VC Rodez, qui évolue également avec la Groupama-FDJ U19. 

L’an passé, il a fait le choix fort de renoncer à sa pratique du VTT. Le cyclo-cross passe également au second plan, désormais. “Je préfère être très performant dans une discipline plutôt que d’être moyen de partout. L’hiver dernier, j’ai fini la saison de cyclo-cross très fatigué, j’ai eu du mal à aller au bout. Je continuerai d’en faire à l’avenir mais seulement pour m’amuser”, prévient-il. Se focaliser sur la route lui a également permis de “beaucoup progressé” dans la discipline. “J’ai passé un gros cap en J1 mais en ayant fait le choix d’arrêter le VTT, ça ne m’a pas surpris plus que ça. J’ai pu m’entraîner plus sérieusement”.

LA CLASSIQUE DES ALPES ET LE VALROMEY, DEUX GROS TESTS SUR LA ROUTE DU RWANDA

Au fil des courses, son statut évolue, notamment - “mais pas que” - en raison de l’étiquette de leader du Challenge DirectVelo. “Je me sens un peu plus surveillé sur les courses depuis quelques temps mais ça fait partie du jeu, il faut faire avec. Je ne me sens pas forcément LE meilleur Juniors français de cette génération pour autant”. Lauréat du Tour du Carmausin Ségala en Coupe de France, pratiquement à domicile, deux fois 6e de la Course de la Paix puis du Tour du Pays de Vaud en Coupe des Nations, et vainqueur d'une étape de la Gipuzkoa Klasika (voir sa fiche DirectVelo), Johan Blanc est en pleine bourre ces dernières semaines. Alors forcément, le garçon est sollicité et pour ne pas être débordé, il a fait le choix, très récemment, de s’attacher les services d’un agent. “Il faut bien se projeter sur la suite, même si j’essaie de ne pas trop me prendre la tête. Disons que j’y pense sans y penser”. Son projet : assurer le baccalauréat puis intégrer une école de commerce en distanciel à la rentrée, “histoire d’avoir le temps nécessaire pour le vélo sans délaisser les études non plus car on ne sait pas de quoi demain sera fait”.

Les sollicitations de plusieurs formations ? “C’est flatteur mais il ne faut pas divaguer”. Coureur polyvalent, Johan Blanc espère “devenir un coureur de classement général”. Raison pour laquelle il s’entraîne régulièrement sur son vélo de contre-la-montre et multiplie les ascensions dans l’Aubrac. Les gros objectifs de la saison, face aux meilleurs grimpeurs Juniors, approchent : la Classique des Alpes, le week-end prochain, puis le Valromey. “Ce sont deux très gros tests”, confirme celui qui est entraîné depuis quelques mois par Jimmy Turgis. Des ascensions de l'Aubrac aux cols du massif jurassien, Johan Blanc va en savoir davantage. En fin de saison, il rêve également de participer au Championnat du Monde au Rwanda. Voire d’enchaîner avec le Championnat d’Europe ardéchois. “Ce sera peut-être chaud d’enchaîner les deux mais apparemment, certains pensent que c’est jouable. Je n’en suis pas là dans tous les cas. Il va déjà falloir mériter une ou des sélections”. Il reste, potentiellement, encore beaucoup de très belles choses à faire d’ici la fin de la saison.

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