Pour Decathlon AG2R La Mondiale, « la photo est mieux à deux »

Crédit photo ASO/Gaëtan Flamme
La formation Decathlon AG2R La Mondiale aura décidément posé sa patte sur le week-end breton, car la WorldTeam a remporté trois des quatre épreuves avec trois coureurs différents. Après Aubin Sparfel et Benoit Cosnefroy, c'est cette fois Bastien Tronchon qui s'est adjugé le Tro Bro Leon ce dimanche, bien accompagné par son coéquipier Pierre Gautherat pour signer le doublé (voir classement). "C'était un week-end vraiment cool. Dans le bus on visait le podium, puis on disait qu'avec la lancée on pouvait viser la victoire. On montre avec Pierre qu'on était solides en faisant le doublé", se réjouit le vainqueur du jour. "Bastien a fait une course de ouf, c'était le plus fort donc on a dit que c'était pour lui, mais pour moi c'est comme une victoire. Je fais 3e l'année dernière, 2e cette fois, c'est vraiment fou", ajoute le dauphin du jour.
« JE ME SUIS AMUSÉ COMME UN FOU »
Car en effet, avant de lever les bras, Bastien Tronchon a connu de nombreuses péripéties sur l'épreuve bretonne. "C'était une folle journée, j'ai tout de suite vu que j'avais les jambes aujourd'hui. J'avais pour objectif d'anticiper un peu pour trouver un bon petit groupe et aller loin, sans subir la course. Je me suis retrouvé seul, j'ai subi un peu les aléas avec une erreur de route et deux crevaisons". Mais il en fallait plus pour décourager l'ancien vainqueur d'étape au Tour de Burgos. "Je suis resté calme, c'est l'anniversaire de mon père donc j'ai bien pensé à lui, ça m'a donné de l'énergie. Il m'a dit de m'amuser, et je me suis amusé comme un fou", sourit-il. Son directeur sportif, Cyril Dessel, a apprécié le numéro. "Très sincèrement, je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas de discussion, c'est le plus fort qui a gagné. Parce que pour revenir comme il l'a fait, il fallait vraiment être très solide".
Bastien Tronchon fait jouer son expérience pour bien gérer la tempête. "Ce ne sont pas des moments faciles, j'ai repensé aux Strade avec les aléas alors que j'avais de super sensations. Je me suis dit que ce n'était pas grave, de toute façon ça ne sert à rien de s'énerver. Je me suis retrouvé dans un gros groupe derrière avec Pierre devant". Pierre Gautherat, en effet, est plus en réussite et navigue aux avant-postes. "Je pense que j'ai fait une course parfaite, j'ai toujours pris de la distance dans les secteurs car je voyais que les mecs n'étaient pas très agiles. J'ai fait une course propre et ça m'a permis d'être devant dans le final". Le visage noir à l'arrivée, l'ancien coureur du SCO Dijon s'amuse des conditions. "C'était une course de fou, c'était le chaos. Je n'ai jamais eu autant de pluie sur une course, parfois je ne voyais même pas la route avec les lunettes, on ne voyait rien, ça tombait de partout".
« JE VOULAIS ARRIVER AVEC LE COPAIN »
Cyril Dessel se doutait que les conditions joueraient un rôle. "On savait qu'avec les conditions difficiles, il fallait être patient, il fallait surtout être concentré sur le placement, laisser faire la course un petit peu en fonction des crevaisons, des chutes et toujours rester placé. C'est ce qu'ils ont su faire". Finalement, les Decathlon AG2R La Mondiale ont retrouvé leurs meilleures cartes à l'avant. "Je suis rentré seul, c'était parfait. Ce n'était pas la journée parfaite tactiquement mais j'avais des jambes de ouf", raconte Bastien Tronchon, alors que son coéquipier suit le rythme. "À la ferme je voulais attaquer, mais quand j'ai vu Bastien, je me suis dit qu'il fallait le suivre, il était fort". Le duo va alors chercher Fredrik Dversnes, seul en tête, avant de profiter d'une chute du Norvégien dans un rond-point. "J'arrive à l'esquiver avec un numéro d'équilibriste", s'amuse Pierre Gautherat.
Puis Bastien Tronchon a eu les faveurs pour s'imposer. "Il nous avait dit qu'il se sentait vraiment très bien. C'est vraiment un grand numéro qu'il a fait aujourd'hui. C'est une belle victoire méritée", applaudit Cyril Dessel. Le futur vainqueur fait mal à son coéquipier, mais lisse son effort pour ne pas le lâcher. "Je voyais qu'on creusait, je pouvais faire le travail mais je voulais arriver avec le copain. Ce sont des bons moments, et la photo est mieux à deux". Et tout le monde s'est rassuré. "J'ai retrouvé le punch que j'avais avant et que j'avais un peu perdu". Alors que Pierre Gautherat retrouve les bonnes sensations. "J'ai eu un début de saison qui n'était pas comme je l'espérais, j'ai eu des soucis physiques. Revenir à un gros niveau fait plaisir, les copains ont gagné donc on voulait le faire aussi, c'est fait et c'est magistral". Cyril Dessel est un directeur sportif heureux. "C'est une campagne bretonne formidable pour nous".
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