Toutes les émotions en une étape pour Felix Orn-Kristoff et son équipe

Crédit photo Michaël Gilson - DirectVelo

Crédit photo Michaël Gilson - DirectVelo

Felix Orn-Kristoff a eu chaud, les Wanty-NIPPO-ReUz ont plié mais ils n'ont pas rompu dans la dernière étape du Tour de Bretagne. Déjà la nuit s'était mal passée. "Je n'ai pas bien dormi, je me demandais ce que je devais faire, j'étais stressé".  Malgré la chute de Tobias Müller, une carte importante dans la forteresse de l'équipe belge, et les difficultés du maillot vert à écharpe blanche dans la Vallée verte et dans la côte de Jugon-les-Lacs, "j'ai cru que ma course était finie", avoue-t-il, le Norvégien de 18 ans inscrit son nom au palmarès du Tour de Bretagne (voir les classements). "Cette étape, c'était la folie. On est passé par toutes les émotions. J'ai pensé à un moment que c'était perdu", commente le directeur sportif, Kévin Van Melsen, à DirectVelo. "On ne doit rien à personne, cette victoire on la doit seulement à nous".


«QUAND SAVINO A ATTAQUÉ J'AI EU PEUR »

Après l'alerte dans les bosses, "je dois m'améliorer dans les côtes raides", reconnaît le coureur, le leader rétablit la situation. "On est revenu et grâce à mon matelas d'avance, je n'avais qu'à finir avec le peloton pour gagner le classement général mais c'était assez décousu dans le final mais tout s'est regroupé". Mais sur le circuit de Plancoët, le vainqueur de l'étape de Landévant doit faire face à une nouvelle alerte. Federico Savino (Soudal Quick-Step), 4e du général à 17" fait le bond et rejoint le groupe de tête. "Quand Savino a attaqué, j'ai eu peur, indique Felix Orn-Kristoff. J'étais fatigué mais tout le monde l'était. Ils n'ont pas creusé beaucoup d'écart et j'ai demandé à Victor (Hannes) de donner un dernier coup de collier. J'ai sauté dans la roue des Coloquick et de Söderqvist qui sont ressortis du peloton".

Ce comportement du Champion d'Europe Juniors épate son directeur sportif. "Il a déjà démontré des grandes choses. Il a fait preuve de beaucoup de lucidité. C'est incroyable à son âge. C'est un grand champion en devenir". Kévin Van Melsen souligne l'esprit de corps de ses coureurs depuis la prise de pouvoir dans la 4e étape. "On n'a pas été épargnés par la malchance et on a contrôlé sur trois ou quatre jours. Ça démontre qu'on a un collectif très solide. Pour moi, c'était quelque chose de très important, l'année passée on avait un collectif qui n'était pas toujours au top. C'était un discours que j'avais eu au début de l'année, au premier stage. Je l'ai retrouvé dans cet esprit d'équipe. Aujourd'hui, on l'a démontré". Le vainqueur souligne le rôle de Victor Hannes ce jeudi. "Victor a été super fort, il m'a toujours accompagné dans le final". Il a goûté au privilège des leaders de courses par étapes. "Avec la chaleur, ils m'ont apporté de la glace, me donnaient leur dernier bidon".

PROCHAIN OBJECTIF : GAND-WEVELGEM

Sur le podium de présentation d'Hirel, avant le départ de la première étape, Felix Orn-Kristoff venait "sans attente. Je ne pensais pas au général, peut-être le podium, je visais plus une étape, admet-il. Alors gagner le général et une étape, je suis super content". Si l'an dernier Wouter Toussaint a remporté le Triptyque Ardennais, au niveau national, ce Tour de Bretagne est le premier classement général au niveau 2.2 pour la réserve d'Intermarché-Wanty. "Ça va mettre l'équipe sur les rails, prévoit le directeur sportif. Il y a plein de très belles courses qui vont arriver. Et ça nous promet de belles choses pour toute la deuxième partie de saison".

Avant le Giro Espoirs et le Tour Alsace, taillés pour les grimpeurs, les rouleurs de l'équipe auront rendez-vous à la Kattekoers, Gand-Wevelgem Espoirs (11 mai), remporté par Huub Artz pour le compte de l'équipe l'an dernier. Le vainqueur du Tour de Bretagne sera au départ. "C'est quelque chose qui peut bien lui convenir. Il est motivé déjà, note Kévin Van Melsen. On a d'autres cartes aussi. Il n'y a pas que lui. On a aussi Tobias (Müller), Halvor (Dolven). C'est clair qu'on ira là-bas avec de gros objectifs". Felix Orn-Kristoff aime les parcours flandriens, "si j'évite d'être mal placé, je suis plutôt fort sur les pavés". On n'a pas fini d'entendre parler du Norvégien.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Felix ORN-KRISTOFF