Tadej Pogacar, la réponse après l'Amstel

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters

L'Amstel de dimanche dernier n'était qu'une anomalie. Une anomalie et une relative défaite corrigées dès ce mercredi, sur la Flèche Wallonne. Tadej Pogacar a cette fois mis tout le monde d'accord, et lorsqu'il a porté son attaque dans le Mur de Huy, personne n'a eu l'occasion de faire douter un instant le coureur d'UAE Team Emirates, vainqueur seul au monde en haut de l'ascension belge (voir classement). "Quand quelqu'un te bat, c'est parce qu'il a mieux couru et qu'il était plus fort. Lui, c'est quelqu'un qui respecte tout le monde, précise son manager Mauro Gianetti, au sujet de sa 2e place dimanche. Je pense que c'est la réponse après l'Amstel. C'est de bon augure évidemment pour Liège. Mais ce sera une autre course, il y aura 60 kilomètres de plus".


Et lorsque les journalistes en conférence de presse précisent au Slovène qu'il a l'air particulièrement marqué par la journée sous la pluie, Tadej Pogacar s'en réjouit et en rigole. "C'est tellement agréable quand les gens disent que tu as l'air fatigué. C'est un très beau compliment, plaisante-t-il. Mais oui, les conditions de course étaient difficiles. Et ce dernier kilomètre est l'un des plus difficiles parmi toutes les courses". Et pourtant, son manager connait sa résistance aux conditions extrêmes. "Quand il fait mauvais temps comme aujourd'hui, il souffre un peu moins que les autres. Je crois qu'à la fin, il était quand même bien fatigué". Le principal intéressé est en effet prêt, peu importe les caprices du ciel. "On vient toujours ici avec l'idée qu'il peut y avoir du mauvais temps à l'Amstel, à la Flèche, à Liège... On a toujours ça en tête. Je pense que trois jours devraient suffire pour récupérer".

« ON N'EST PAS OBLIGÉ DE TOUJOURS FAIRE LE SHOW »

Mais cette fois, le Champion du Monde ne s'est pas risqué à des grandes manœuvres loin de l'arrivée, et a simplement suivi le train de ses coéquipiers. "On ne sait jamais comment la course va se dérouler. Mais aujourd'hui, les conditions étaient vraiment difficiles. Quick-Step et nous roulions déjà à fond dans les ascensions. Je pense donc que la course a été un peu plus fatigante que d'habitude, lorsque 60 ou 50 coureurs se présentent ensemble dans le dernier kilomètre. Tout le monde souffrait déjà un peu". Mauro Gianetti note aussi ce travail d'équipe qui a été privilégié. "On n'est pas obligé de toujours faire le show. Aujourd'hui, l'équipe était simplement fabuleuse parce que Jan (Christen) revenait d'une fracture de la clavicule. Il est tombé, il est revenu et il a fait un travail immense dans les deux dernières montées. Tout le monde a vraiment fait un travail incroyable pour qu'il ne fasse pas d'efforts inutiles".

Une fois la mèche allumée, la messe était vite dite. "J'ai essayé de donner une première accélération. Puis j'ai vu que personne ne me suivait alors je me suis lancé. Quand j'ai vu qu'il restait 200 mètres, je me suis dit : « oh merde, c'est encore long ! ». Je pense que ces mètres-ci, au Mur de Huy, sont parmi les plus longs de la saison", raconte le vainqueur. En attendant les Grands Tours, Tadej Pogacar fait le plein de victoires sur les Classiques. "Le calendrier est toujours un sujet délicat. Chaque dimanche est un effort intense sur les courses les plus longues et les plus difficiles de l'année. Mais je n'ai pas participé à d'autres courses comme l'E3 et Dwars que j'avais initialement prévu de faire". Mais pour le moment, toujours aucun signe de faiblesse. "Je crois que comme tout le monde, on se laisse surprendre à chaque fois", conclut Mauro Gianetti, qui espère encore être surpris ce dimanche. 

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