Ardennes : Un sprint de costauds avant la grande explication

Crédit photo Alexis Dancerelle - DirectVelo
Sa présence au Circuit des Ardennes a de quoi effrayer la concurrence. Jarno Widar a tenu son rang en s'imposant ce vendredi, à Saint-Marceau et son arrivée en bosse (voir classement). "Je voulais gagner donc je suis content. Mais à l'origine je voulais aider mes coéquipiers, notamment Kamiel Eeman. Dans la dernière montée je ne l'ai pas vu, donc j'ai décidé de jouer ma carte. Je suis parti à fond et ça l'a fait", explique-t-il. Parmi ses adversaires, Antoine Raugel n'a pu que constater l'attaque tranchante du grimpeur belge. "Je me suis fait enfermer un peu avant les 500 mètres. Mais j'ai réussi à me dégager. Quand ça lance le sprint, Widar part tout seul, il était vraiment facile. Derrière, on se bat pour les 2, 3, 4e places. C'était un sprint lactique", raconte celui qui est entré dans le Top 10.
Plus massif que le vainqueur du jour, le coureur du VC Villefranche Beaujolais était forcément moins à l'aise sur ce type d'arrivée. "C'est quand même dur de rivaliser avec les petits grimpeurs sur une arrivée comme ça, donc c'est plutôt pas mal". D'autant que Jarno Widar n'a pas eu besoin de faire de gros efforts pendant la journée. "J'avais pour objectif de passer la journée à suivre, puis j'avais les jambes pour gagner. Après le plan dans la montée était juste d'aller à fond. Le début était assez chaotique". Pour Brady Gilmore aussi, qui n'a pas réussi à se dégager. "Il y avait beaucoup de coureurs partout et je n'ai pas réussi à prendre ma ligne, mais c'est la course, il faut trouver sa place". Alors au panneau des 300 mètres, Jarno Widar a choisi de mettre tout le monde d'accord. "J'ai regardé derrière dans le virage et j'ai vu que j'avais un gros écart. Je savais que je devais finir le travail".
JARNO WIDAR EST PRÊT À EN DÉCOUDRE... BRADY GILMORE AUSSI
Malgré tout, le maillot jaune est sur les épaules de Brady Gilmore, et la journée de samedi est supposée mettre chacun à sa place. "Avec des ascensions courtes et difficiles, je peux rester dans sa roue. C'est plutôt sur les plus longues montées où il a un avantage avec son poids, mais je grimpe bien en ce moment, donc on verra", analyse l'Australien. Antoine Raugel redoute cette journée. "Je ne me fais pas trop d'illusions. Il y a une grosse étape, il va falloir être très solide. Ce n'est pas du tout la même course. C'est en ligne avec des bosses. Mais je pense qu'on peut continuer à espérer jouer quelque chose". Il utilisera son expérience pour essayer de ne pas être piégé. "L'expérience, ça joue. Mais là, je suis face à des Widar et des mecs qui grimpent super bien, qui récupèrent super bien aussi. Donc, expérience ou pas, demain, ça va être à la patte".
Et les jambes de Jarno Widar risquent de faire du dégât. Brady Gilmore sait à qui il a affaire. "Il n'est qu'une seconde derrière. C'est probablement le meilleur grimpeur de ce niveau Conti. Donc je dois tout donner pour défendre mon maillot. Il faudra être prêt à affronter toutes les attaques". Le coureur de la Conti d'Israel a la confiance avec lui, grâce à ses quatre succès professionnels du début de saison, au Tour de Taiwan et au Rwanda. "C'était un peu une surprise, mais maintenant que j'ai gagné quatre fois, j'ai plus confiance et je prends goût à la victoire". Il aura bien besoin de ça, car il y a peu de chances que le coureur de Lotto DT accepte de terminer 2e sans tenter quelque chose. "Vous verrez bien la stratégie demain, mais je cours à l'instinct. Alors peut-être que j'attaquerai à 100 kilomètres", s'amuse Jarno Widar, prêt à jouer encore un peu.
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