« Un apprentissage difficile mais nécessaire » pour les filles d’Auber

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo
La saison 2025 de St-Michel-Preference Home-Auber 93 avait bien failli commencer de façon idéale en Australie puisqu’Ella Simpson était passé tout près de décrocher le titre national, en janvier dernier, prenant finalement la médaille d’argent au sprint. Depuis, la désormais ProTeam francilienne peine à décrocher des résultats marquants. Pas de quoi inquiéter l’ancienne coureuse et désormais directrice sportive de l’équipe, Roxane Fournier, qui rappelle que le groupe est jeune et a été, de surcroît, très largement remanié à l’intersaison avec neuf nouvelles dans un effectif de onze coureuses. DirectVelo a profité de sa présence sur le Région Pays de la Loire Tour, mercredi, pour faire le point avec l’ancienne double lauréate d’étapes de la Route de France. Entretien.
DirectVelo : Comment analyses-tu le début de saison de l’équipe, alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous pour le moment ?
Roxane Fournier : Sur le papier, on n’a pas de gros résultats mais il faut remettre les choses dans le contexte. C’est le niveau WorldTour, on a beaucoup de jeunes athlètes qui n’ont pas beaucoup d’expérience. Elles sont là aussi pour apprendre. On est quand même satisfaites des dernières Classiques belges. Lucie Fityus marche vraiment bien, elle est dans le coup à chaque fois, avec les meilleures mondiales jusqu’à 20-30 kilomètres de l’arrivée (voir sa fiche DV). C’est une belle satisfaction. Le groupe progresse bien, on est en train de construire quelque chose pour l’avenir. On est satisfaites de ce qui est fait.
« SÉVERINE ERAUD SERA DE RETOUR CET ÉTÉ »
L’équipe n’avait aucune certitude de continuer à l’automne dernier, après le retrait de Mavic. Et il a fallu reconstruire tout un groupe !
En septembre, on a dû repartir de zéro en effet. Il fallait recréer une équipe et ce n’est pas si facile que ça. Il fallait que les filles apprennent à se connaître, à courir ensemble, ce qui ne se fait pas en un jour. Forcément, ça prend un peu de temps. On enchaîne les courses WorldTour, le niveau augmente chaque année, ça roule de plus en plus vite, il faut le préciser. C’est un apprentissage difficile mais nécessaire, et je trouve que ça va dans le bon sens.
Qui sont les filles susceptibles de porter le groupe ?
C’est vrai qu’en début de saison, on ne le savait pas trop. On voulait voir ce que ça allait donner sur le terrain. La plupart de ces filles n’avaient encore jamais enchaîné les courses WorldTour jusque-là car, encore une fois, la plupart d’entre elles sont très jeunes. Lucie Fityus est donc vraiment pas mal sur les Classiques mais aussi pour les sprints. Elle nous a fait plaisir lors des dernières courses. Pour les courses montagneuses, on pense à Ségolène Thomas, elle a un gros potentiel à exploiter. On compte sur elle. Il y a aussi de jeunes talents qui montent comme Elyne Roussel ou Coline Raby.
Où en est Séverine Eraud, qui n’a toujours pas repris la compétition cette année ?
Elle s’est fait opérer de l'artère iliaque une nouvelle fois, elle est en convalescence. Séverine sera de retour cet été.
« ON A FAIT LE CHOIX DE NE PAS ALLER À LA VUELTA POUR PARTICIPER À DES COURSES PLUS ACCESSIBLES »
Après quoi allez-vous courir ces prochaines semaines ?
Il y a bien sûr un très gros rendez-vous ce week-end à Paris-Roubaix. Comme lors des Classiques belges, l’idée sera d’essayer de résister au maximum avec nos meilleurs éléments. Il sera ensuite temps de marquer une coupure pour le groupe des Flandriennes. On va se tourner sur le Grand Prix de Chambéry où on essaiera de faire un résultat face à un niveau plus accessible. Ces filles-là enchaîneront ensuite avec les Ardennaises. On sait qu’il sera compliqué d’exister mais ce sera, une nouvelle fois, de l’apprentissage, avec l’envie d’aller chercher un petit résultat malgré tout. En mai, on a fait le choix de ne pas aller sur la Vuelta pour participer à des courses plus accessibles. On disputera les courses bretonnes et l’Elsy Jacobs au Luxembourg. On pourra espérer se faire plaisir et chercher des résultats.
L’équipe a récemment appris qu’elle était une nouvelle fois sélectionnée pour le Tour. Était-ce un soulagement, y avait-il la moindre inquiétude ?
Dans le fond, on s’y attendait un peu avec la création des ProTeams. La logique est respectée mais tant que ce n’est pas officiel, on n’est jamais sûr de rien. Maintenant que c’est validé, on va pouvoir gentiment se focaliser sur la préparation et faire en sorte d’arriver avec la meilleure équipe possible cet été.
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