Antoine Raugel : « Je reviens de très, très loin »

Crédit photo Aurélien Regnoult - DirectVelo

Crédit photo Aurélien Regnoult - DirectVelo

Antoine Raugel retrouve des couleurs, et pas sur n'importe quelle course. Ce dimanche, le coureur du VC Villefranche Beaujolais est monté sur le podium d'Annemasse-Bellegarde (voir classement), actant son retour à un très bon niveau après des mois de galère. Opéré de l'artère iliaque une première fois il y a deux ans, les problèmes sont revenus et son hiver n'a pas été de tout repos. Mais déterminé à poursuivre sa carrière, l'ancien Champion de France Junior s'est accroché. Au micro de DirectVelo, Antoine Raugel est revenu sur son retour à un bon niveau, en attendant de confirmer à un échelon encore plus haut.


DirectVelo : Tu retrouves un gros résultat sur une épreuve renommée !
Antoine Raugel : Là, je reviens de très, très loin. Il y a deux mois et demi-trois mois, j'étais encore sur un lit d'hôpital à faire sept semaines sans bouger à la maison et à manger le canapé. Donc là, c'est bien. Je sens que depuis le début de saison, je monte en puissance. Ma deuxième course de la saison, c'était une Classe 1. J'arrive pour la gagne, et j'arrive à faire Top 20. C'était déjà assez rassurant. Là, ça fait deux ou trois week-ends que je bats tous mes records à l'entraînement. Donc je pense que ça va plutôt bien. Le week-end dernier, j'étais déjà bien dans le match. Aujourd'hui, dans les bosses, ça tournait bien. Quand ça attaquait, j'étais là. Dans le final, j'avais encore de la force.

Comment s'est passé ce final ?
Au sprint, je cherchais un peu mon coéquipier, Axel Salvadori, qui a fait une belle course à mes côtés aussi. Mais bon, il a crevé dans le dernier kilomètre. Quand Victor Jean attaque à 600 mètres, j'y vais direct. Et parce que je voulais laisser sortir personne. J'étais sûr de moi au sprint vu la force que j'avais aujourd'hui. Mais au final, je me fais un peu enfermer à l'amorce du virage. J'arrive à me dégager et je vire 7 ou 8e. Je reviens très vite à droite. Mais il me manque 20 mètres. Bourg a bien géré. Victor (Loulergue) avait un mec pour le lancer. Bravo à eux parce qu'ils avaient encore pas mal de mecs.

« JE RELÈVE UN PEU LA TÊTE »

Quel est le sentiment du coup ?
On a fait vraiment une très belle course. Mais ça me fait chier de ne pas gagner la course. Parce que collectivement, c'est accompli, c'est une réussite. Je suis quand même content, mais à la fois déçu de ne pas gagner. Parce que de là où je viens... J'en ai vraiment chié. Ce n'était vraiment pas facile. Mes proches ont été là pour me soutenir. Je n'étais vraiment pas bien dans cette période. Là je relève un peu la tête. J'ai un calendrier intéressant, avec un beau mois d'avril qui m'attend.

Tu as toujours été décidé à continuer le vélo malgré tes ennuis ?
Je suis un mec qui ne lâche jamais le morceau. J'ai fait une deuxième opération. L'année dernière, c'était des hauts et des bas. Je savais que ça ne marchait pas. Ma jambe ne marchait pas. J'avais 20% d'écart entre les deux jambes. Donc c'est énorme. Et là, cet hiver, j'ai dit que maintenant, c'était la saison one shot. Je me mets à fond. Si l'opération marche, je ferai beaucoup de sacrifices. Car mon objectif, c'est de revenir chez les pros, d'essayer de retrouver l'année prochaine un contrat en Continental dans un premier temps. Et ensuite pouvoir m'exprimer à mon plein potentiel sur des courses Classe 1, des manches de Coupe de France et des choses comme ça. C'est pour ça que j'ai sacrifié dix ans de ma vie, pour faire de ma passion mon métier.

« JE RETROUVE LES BONNES SENSATIONS »

Avec ce statut de Conti Fédérale, tu peux prétendre à des courses de plus haut niveau...
C'est ça, le statut est vraiment bien. On arrive à être invité sur de belles épreuves avec les contacts qu'a le club. Moi, ça me permet justement de retrouver les formats de course que j'aime. Là, ce n'est pas anodin. Si sur ma deuxième course j'arrive à être dans le Top 20, c'est aussi parce que j'aime bien les longues courses usantes. J'aime bien quand ça roule à fond la dernière heure, au bout de 200 bornes. C'est vraiment le format qui me convient. On a bien travaillé avec mon entraîneur, Aymeric Brunet. On a une bonne relation. Je retrouve les bonnes sensations en course. C'est plutôt cool.

Tu parlais du mois d'avril, qu'as-tu au programme ?
Je repars sur la Boucle de l'Artois. Puis j'enchaîne avec le Circuit des Ardennes, où c'est une belle paire de manches. Après, normalement, il y aura une course en Italie. Ou peut-être le Loir-et-Cher, mais je ne pense pas, ça va faire beaucoup. Mais il y a déjà le bloc Artois-Ardennes, c'est costaud. Et si là j'atteins le pic de forme, ce sera top.

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