Le SCO Dijon passe au révélateur d'Annemasse-Bellegarde

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

Si le VC Rouen 76 est l'équipe en forme à l'Ouest, du côté de l'Est, c'est le SCO Dijon-Team Matériel-velo.com qui tient la barre d'un point de vue collectif. Avec déjà cinq succès, dont la première manche de Coupe de France N1 rondement menée, et une 2e place au Challenge DirectVelo, les Bourguignons ne pouvaient pas espérer beaucoup mieux. "Globalement on a réussi un bon début de saison. On avait toujours du mal à avoir des résultats le premier mois, là on est assez fiers des gars. Les automatismes ont vite été pris. La gagne de la Coupe de France nous a rapidement mis en confiance", analyse Guillaume Souyris, directeur sportif. Et à l'Est, il y a une course qui résonne particulièrement aux oreilles des coureurs dans cette moitié du pays : Annemasse-Bellegarde, qui a justement lieu ce dimanche.


Alors sur une épreuve aussi mythique, les maillots dijonnais risquent d'être scrutés de près. "Annemasse-Bellegarde, c'est l'une des plus belles à gagner dans le calendrier de l'Est, voire français tout court. Quand on regarde le palmarès, il fait rêver. J'ai eu la chance de la gagner une fois en tant que DS avec Kévin Besson, c'est peut-être un de mes plus beaux souvenirs en tant que DS. J'espère le revivre une fois dans ma vie car c'est peut-être ma course préférée", sourit le technicien qui avait vu son coureur triompher lorsqu'il était à l'Occitane CF. Pour revivre un tel moment, Guillaume Souyris pourra compter sur Antoine Berger, homme fort du collectif. "Je suis en confiance parce que tout se passe bien, maintenant ce seront les faits de course qui parleront, on va bien courir en équipe et faire face aux adversaires qui seront très forts aussi".

« LA COURSE EN OPPOSITION À MANCHE-ATLANTIQUE »

Originaire de l'ouest, l'ancien coureur de l'UC Cholet 49 a une comparaison toute trouvée pour décrire l'épreuve Elite Nationale. "Quand je suis arrivé à Dijon, c'était la course en opposition à Manche-Atlantique dans ma tête, c'est la classique prestigieuse de l'Est. Si je ne la gagne pas, j'en gagnerai d'autres, j'espère, mais c'est une belle course à avoir à son palmarès". Aurélien Paret-Peintre, Benoit Cosnefroy, Guillaume Martin, Warren Barguil, Kenny Elissonde et même Thor Hushovd pour remonter plus loin... Le palmarès est dense. "Je ne connais pas le palmarès par cœur, mais je pense que ça peut faire déclic. Ça fait partie des belles courses, quand les coureurs en parlent c'est particulier et prestigieux", sourit Antoine Berger. Dans l'Ouest c'est vrai qu'on est un peu auto centré sur nos courses", reprend-il en rigolant.

Théo Thomas lui la connaît bien, notamment après avoir terminé dans le Top 5 l'an dernier. "C'est une course qui me parle, j'avais eu un bon sentiment l'année dernière. Mais j'avais mal géré la course, se rappelle-t-il. J'avais connu ma meilleure journée depuis que je fais du vélo, et pourtant je fais 5e". Bien conscient que c'est une course "qui fait parler", l'ancien coureur du VC Villefranche Beaujolais n'est "pas dans cet état d'esprit, mais dans celui de jouer la gagne et être fort". Antoine Berger, Théo Thomas, ou un autre, une belle journée à Annemasse-Bellegarde peut changer une carrière. "Ils le savent déjà, ce sont des coureurs alertes sur ce qui se passe dans le vélo, ce qu'il faut pour passer pro. Pour des coureurs qui prétendent à de bons résultats, il y a une pression particulière. Si tu gagnes Annemasse, tu as de fortes chances de passer pro. Ça entraine du stress", prévient Guillaume Souyris.

« JE L'ENTENDS DEPUIS TOUT PETIT, LE PALMARÈS PARLE »

Théo Thomas fait partie de ces coureurs conscients de l'impact d'une telle course. "Il y a des belles courses connues, mais il y en a certaines où si tu performes ou gagnes, ça marque. Les gens connaissent. Le cadre aussi, on sait directement que c'est dur et que si on est devant c'est à la pédale. J'ai toujours aimé ces belles courses. C'est un peu une Classique pour moi, je l'entends depuis tout petit, le palmarès parle". Venu tard au cyclisme, Antoine Berger est moins capté par l'enjeu, mais lorsqu'il avait signé à Dijon l'an dernier, les bases étaient déjà posées. "En signant ici on m'en avait parlé en me disant que c'était une course qui pouvait me convenir. L'an dernier il y a eu des beaux numéros avec Thomas Morichon, c'est rare d'avoir une course avec des ascensions aussi longues en amateur donc c'est intéressant", se réjouit celui qui avait terminé dans le Top 10.

Antoine Berger ne ressent pas la pression du Jour-J. "Gagner serait super, mais pas non plus une fin en soi. Le but n'est pas de jouer ma vie sur une course, c'est la régularité qui compte". Théo Thomas aussi montre de la sérénité. "J'ai déjà montré de belles choses, notamment l'année dernière aux Ardennes. Les gens savent de quoi je suis capable, donc prouver pour prouver, encore et toujours, n'apporte aucune joie". Malgré son passif, Guillaume Souyris n'a pas la formule magique pour amener un de ses protégés à la victoire. "Le jour où on a gagné, rien de ce qui était prévu ne s'est passé, rigole-t-il. Kévin avait fait du freestyle et ça avait très bien marché. On avait eu un très bon collectif aussi avec Romain (Campistrous) et Baptiste (Lavigne). Il y a des ingrédients à mettre et ça peut sourire ou pas, mais au moins il faut être à fond sur les intentions". Comme depuis le début de saison, donc.

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