Joris Chaussinand : « Ça me change la vie »

Crédit photo Nicolas Mabyle - DirectVelo
Depuis le 1er janvier, Joris Chaussinand est cycliste professionnel au sein du CIC U Nantes. Ce contrat, le coureur de 23 ans l’a obtenu à l’issue de ses années Espoirs passées au sein d’AG2R Citroën U23 et de Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme. À l’issue de son premier mois de compétition (voir sa fiche DV), DirectVelo a fait le point avec le Rhodanien, qui a connu sa première échappée, samedi dernier, lors de la Faun-Ardèche Classic.
DirectVelo : Comment juges-tu tes premières courses chez les professionnels ?
Joris Chaussinand : Ça se passe bien. Je suis dans une phase d’acclimatation parce que beaucoup de choses changent quand même par rapport au monde amateur. J’ai donc besoin d’un temps d'adaptation, comme ça a toujours été le cas dans mon parcours cycliste. Je trouve que physiquement, je suis pas mal, même s'il m'en manque encore un peu. J'ai des lacunes sur le placement et sur la concentration en course. Rester attentif pendant quatre heures, c'est quelque chose qui n'existe pas chez les Amateurs.
« DIFFICILE D'ÊTRE PLACÉ TOUTE LA JOURNÉE »
En as-tu déjà fait les frais ?
Oui, ça m'a déjà joué des tours à plusieurs reprises depuis le début de saison à des moments où ça devient nerveux avant des endroits stratégiques. C'est difficile de rester bien placé toute la journée, surtout quand on est dans une équipe Conti. Il y a de la nervosité et de la tension. Je sais à peu près frotter, ce n’est pas non plus une lacune mais c'est rare de le faire pendant aussi longtemps. Au Tour des Alpes-Maritimes, lors de la dernière étape, j’étais très bien placé en haut du Col d'Èze et en bas de la descente, je me suis fait un peu déborder. Avec les cassures, je n'ai jamais revu le peloton alors qu'à la jambe, je pouvais peut-être m'accrocher un petit moment. C'est pour ça que sur la Faun-Ardèche Classic, j'ai voulu aller dans l'échappée parce que c'est un peu plus zen.
Qu’est-ce que ça représente d’être échappé chez les professionnels ?
Pas grand-chose, ça reste une échappée (sourire). La différence, c'est que ça passe à la télé mais on n'a pas le temps de regarder les replays. C'est juste une fierté quand même d'être un minimum acteur chez les pros. C'est un peu par défaut parce que si tu vas dans l’échappée sur ces courses-là, c'est que tu sais que tu n'as pas ta chance dans le final. Mais je pense que ça fait progresser. Comme je l'ai dit, pour samedi, c'est pour être plus zen que dans le peloton où c'est toute la journée un peu nerveux. C'est quand même difficile de prendre du plaisir, malgré le fait que le parcours soit très bosselé. Il faut être placé avant les bosses, c'est tendu, il y a eu des chutes, des cassures…
Est-ce plus dur pour un coureur de Conti dans un peloton ?
C'est surtout plus compliqué dans les portions contrôlées, où c'est calme et où tous les blocs équipes se mettent en place. Par exemple, à la Marseillaise, tu sais que tu es dans les derniers. Mais quand c'est la bagarre, c'est la bagarre. Quel que soit le coureur, il veut être devant l'autre. La donne est alors différente.
« PAS DU TOUT À LA RAMASSE »
Es-tu surpris par le niveau général ?
Je m'attendais à ça. Personnellement, je n’imaginais pas casser la baraque en arrivant chez les professionnels. Mais quand ça monte, je ne suis pas du tout à la ramasse même s'il y a au moins 20 coureurs qui sont plus forts que moi.
La vie de cycliste professionnel te plaît ?
Oui. Comme je l'ai dit, ça ajoute quand même pas mal de tension et du stress par rapport à la vie dans le peloton. Tu n'as pas le droit à l'erreur en quelque sorte. Pour moi, c'est encore le début alors je n’ai pas la pression du résultat. Ça me plaît de vivre de ma passion. Quand je me lève, je sais que je n'ai que du vélo à faire, ça me change la vie. Quand j'ai envie de me plaindre, je pense à ce que j'ai traversé avant. Je sais que je suis chanceux quand même de faire ce métier.
Vas-tu commencer à te fixer des objectifs ?
Je vais me reposer un peu, puis repartir sur un nouveau cycle, avec en point d'orgue le Triptyque franc-comtois en avril. J’essaierai d'être en forme physiquement et de voir ce que ça donne avec une meilleure condition.
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