Romain Grégoire : « Je ne sais pas ce qu'ils ont fait »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
Romain Grégoire s’en souviendra longtemps. Un an après avoir été battu au sprint par Juan Ayuso, le coureur de la Groupama-FDJ s’est imposé ce samedi lors de l’Ardèche Classic (voir classement). Il a levé les bras au terme d’une course où il s’est montré très offensif, et où ses adversaires présents dans le groupe de douze coureurs qui allaient se jouer la victoire ont pris la mauvaise route à 350 mètres. Ce qui donne une saveur particulière à ce succès mais qui ne l’empêche pas d’être “très heureux”, comme il l’a confié à DirectVelo à l’issue de la cérémonie protocolaire.
DirectVelo : On te sent ému après ce succès !
Romain Grégoire : Je suis très heureux surtout. J'essaie de profiter du moment. C'est une course que j'avais plus que cochée. Je voulais vraiment la gagner depuis quelques années. Et ça arrive aujourd'hui alors j'en profite.
« JE N’AI MÊME PAS RÉFLÉCHI »
Les 350 derniers mètres ont été fous, que s’est-il vraiment passé ?
Personne n’a réussi à faire la différence dans les ascensions. Il y avait des équipes qui ont roulé pour un sprint. Il n’y avait même pas besoin d'essayer d'attaquer dans les derniers kilomètres. C'était sûr que ça allait se terminer groupé.
Et ça n’a pas été le cas !
Je ne sais pas ce qu'ils ont fait aux 350 mètres, ils ont pris à droite alors qu’on était passé plusieurs fois à cet endroit auparavant. Je pense qu’il y a eu un petit manque de lucidité de la part des premiers coureurs. Je ne sais pas qui emmenait à ce moment-là. J'étais vers la 6-7e position. Je n'ai même pas réfléchi. Heureusement, j'ai été vigilant, je savais que c'était tout droit. Forcément, c’est un peu bizarre de ne pas faire le sprint qu'on attendait. Mais bon, c'est comme ça, ça fait partie de la course.
Est-ce que ça enlève quelque chose à ton succès ?
Oui, quand même un petit peu. J'avoue que ce n'est pas la même sensation que quand on est dans l'action, à sprinter jusqu'à la ligne. Là, il y a un fait de course mais ça fait partie du vélo.
« J’AI MIS UN PEU DE WATTS DANS LA NATURE »
L’équipe a été très présente autour de toi...
Oui, je pense que je dois vraiment remercier toute l'équipe pour le boulot effectué. Celle-là, je leur dois entièrement. On a pris la course en main dès le début. Je voulais qu'on assume le poids de la course. On a assumé de bout en bout, avec même Guillaume (Martin-Guyonnet) qui me passe un dernier relais à 7-8 kilomètres de l'arrivée. Heureusement qu'il était là pour boucher les trous.
Tu n'as pas eu peur de trop en faire ? On t'a beaucoup vu à l’attaque à plusieurs reprises à plus de 25 kilomètres de l’arrivée.
Je me suis dit que j'étais un peu en train de faire n'importe quoi. J'avais envie de faire la différence parce que je me sentais bien. Mais avec le vent de face, je pense que j'ai mis un peu de watts dans la nature pour rien. Le vent a bloqué un peu la course. J'aurais peut-être dû être un peu plus patient. Heureusement pour moi, ça se finit bien. Mais c'est sûr que je n'ai pas couru à la perfection.
Il y avait un gros collectif, avec plusieurs leaders potentiels, mais c’était tout pour toi…
L'équipe m'a fait entièrement confiance sur cette course. Il y avait pourtant de beaux coureurs, avec Valentin (Madouas) et Guillaume (Martin-Guyonnet) notamment. Ils se sont tous mis autour de moi. Ça pourrait mettre un peu la pression, mais c'est vraiment ma façon de courir. Ça me met vraiment en confiance, je me sens redevable quand c'est comme ça. Ça me donne un petit gain supplémentaire pour m'arracher encore plus. Je les remercie encore.
« JE L’AI ENVOYÉ AU CHARBON DÈS LE DÉPART »
Vu le plateau qu'il y avait, c’est parfait avant tes prochaines courses en WorldTour…
Oui, forcément. J’aurais aimé faire le sprint face aux bons coureurs qu'il y avait dans le groupe de tête pour encore plus me rassurer. Mais c'est sûr que la forme est là et c'est de très bon augure pour le mois de mars qui arrive.
Le fait de gagner, surtout mentalement, on sait que tu aimes ça, ça te libère aussi tout de suite ?
Oui, ça libère. Ça y est, le compteur est débloqué. Que ce soit pour moi ou pour l'équipe, ça peut engager une très bonne spirale. J'espère qu'on va surfer sur ce bon début de saison et continuer comme ça pendant longtemps.
Il y avait ton frère Baptiste avec toi aujourd’hui. Il a longtemps roulé dans la première partie de course…
Le pauvre, je l'ai envoyé au charbon dès le départ (sourire). C'est lui qui a fait le boulot de l'ombre, il a roulé dès le kilomètre zéro. Je pense qu'il va bien dormir ce soir. C'est sympa de le voir à l'arrivée comme il a dû arrêter la course parce qu'il a tout mis au début. Il était là pour voir ça et ça fait quand même plaisir.
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