La vie heureuse de Harrie Lavreysen, de l'or avant les vacances
Crédit photo Patrick Pichon - FFC
Loin de la froideur qui caractérise le comportement d'une partie des autres sprinteurs, Harrie Lavreysen a souvent la banane lorsqu'il déambule dans les travées des vélodromes. Il faut dire que lorsque le Néerlandais se rapproche d'un anneau, sa vie s'éclaire. Ce samedi soir, il est debout sur la plus haute marche du podium de la vitesse individuelle, mains en l'air, points rageurs et grand sourire, comme s'il s'agissait de sa première médaille. Pourtant, à 27 ans, ses titres s'accumulent plus que tout autre sprinteur avant : quatorze fois Champion d'Europe après son titre du keirin ce dimanche, seize fois Champion du Monde et cinq or Olympiques.
"Je prends tout simplement beaucoup de plaisir dans mon sport, explique-t-il à DirectVelo. J'ai profité de chaque match. La piste est vraiment bien, elle permet des courses avec beaucoup d'action. Puis, même si on est en Belgique, ce vélodrome est le plus proche de chez moi. Je n'ai qu'une demi heure de route pour venir." Alors que ses habituels collègues de la vitesse par équipes, Jeffrey Hoogland et Roy van den Berg ont fait l'impasse sur cette première grande compétition de la nouvelle olympiade, Harrie Lavreysen continue sur la forme construite pour Paris l'été dernier. "Je me réjouis vraiment de prendre quelques vacances, et c'est normal. Après ce dimanche, nous avons prévu une période de repos. Depuis les Jeux, ma forme est logiquement descendante, mais je suis ici parce que je suis un sportif ambitieux. L'année sera consacrée à la préparation de mon gros objectif de l'année qui arrive en octobre, les Mondiaux en Amérique du Sud (Santiago du Chili, NDLR). Il y a de bonnes chances que je ne coure presque pas avant cela."
MEILLEURE CAPACITÉ DE RÉCUPÉRATION
Fort d'un tournoi de vitesse remporté sans perdre une seule manche, il ne laisse depuis un long moment que peu d'espoirs à ses concurrents. Comme d'autres, son adversaire en demi-finale de la vitesse, le Français Sébastien Vigier estime que le Néerlandais est le plus grand athlète de l'histoire de son sport. "C'est un honneur que les gens puissent penser cela. C'est difficile de comparer les sportifs et les époques. Je vois bien que j'ai le plus grand palmarès des coureurs de ma génération, et c'est déjà une grande satisfaction. Je dois bien reconnaitre que je n'ai pas une grande culture des champions des autres époques. Quand j'étais plus jeune, je ne suivais pas vraiment la piste, et lorsque j'ai débuté, je ne savais pas qui était Chris Hoy ou Theo Bos", reconnait le Batave. "Je sens bien que je suis le point d'étalonnage de la discipline. Ils ont tendance à se comparer à moi, et c'est normal. De mon côté, je veille à continuer à adapter ma tactique de course pour éviter les pièges des autres nations."
Pour les autres, il reste le travail bien sûr, et puis certainement une dose de patience. Selon lui, ses données de puissance n'augmentent plus. Par contre, il sent qu'il a encore de la marge concernant ses capacités de récupération. "Je me sens plus frais lors des deuxièmes manches. Je me sais aussi capable d'être performant après plusieurs journées de compétition." A plus de trois ans de Los Angeles, Harrie Lavreysen y fait déjà figure de favori. Il aura 31 ans, et son plan de carrière pour la suite n'est pas encore clair. "2028 est déjà très loin avec beaucoup de choses à réaliser pour y arriver. On verra si je peux encore continuer à ce moment-là."
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