Arkéa-B&B Hôtels : « Il fallait dynamiter la course »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo
Maxime Bouet avait le sourire dans la zone des bus, au terme de la première étape du CIC Tour de La Provence. Son équipe Arkéa-B&B Hôtels n’a pourtant pas remporté l’étape, ni même placé un seul coureur dans le Top 10 à l’arrivée (voir classements). Mais à y regarder de plus près, il y a de quoi trouver des motifs de satisfaction au sein de la WorldTeam bretonne. Dès la première partie de l’étape, les rouge-et-noir ont fait exploser le peloton dans les pentes de l’Espigoulier, histoire de surprendre tout le monde, de faire le ménage et d’éliminer d’emblée plus de la moitié du peloton dans la course à la victoire finale. 3e de l’épreuve l’an passé, l’Espagnol Raul Garcia Pierna a ensuite pris deux secondes de bonification qui pourrait compter dimanche, alors qu’Arkéa-B&B Hôtels espère réaliser le doublé après avoir gagné l’Etoile de Bessèges la semaine passée grâce à Kévin Vauquelin. DirectVelo est allé à la rencontre de Maxime Bouet après la course. Le directeur sportif provençal revient sur ce coup tactique et assure que ce n’est pas terminé. Entretien.
DirectVelo : Tes gars ont fait exploser le peloton dès le début d’étape ! Il y avait même un temps cinq petits pelotons sur la route…
Maxime Bouet : Tout le monde va nous détester (rire). C'était prévu depuis une semaine que l’on fasse ça. La situation était simple et je ne pense pas qu’il y ait besoin de la cacher : on n’a pas de sprinteur ici sur la course, alors on est obligé de tenter des choses. L'objectif était d’arriver à Saint-Victoret avec le plus petit groupe possible et nos leaders devant. C'est chose faite. On a tout fait péter dans le col pour aller chercher la bonif et Raul Garcia l’a pris. Contrat rempli. On avait dit à (Victor) Guernalec d’aller dans la première échappée pour ensuite se relever et attendre, une fois qu'on avait tout fait péter. Là aussi, ça a bien fonctionné et il a pu aider les gars.
« C’EST DÉJÀ BIEN »
Tu es un garçon du coin, tu connais ces routes - également empruntées pour certaines lors du Grand Prix La Marseillaise - par cœur. A-t-on eu droit à la patte Maxime Bouet sur cette étape inaugurale ?
Je ne sais pas si j'ai mis ma patte, mais encore une fois, il fallait tenter. Je l'ai dit aux gars, il y avait trois paramètres à prendre en compte : la composition de notre effectif, l’adversité et le parcours. Sans sprinteur, si on attend tous les jours que ça se fasse, que l’on monte l’Espigoulier tranquilou… Que peut-on espérer ? Il fallait dynamiter la course et tenter. C’était le maître-mot.
Certains diront, “tout ça pour deux secondes de bonifications”...
Je sais qu’on va dire que ce n’est pas possible de faire de tels efforts pour quasi rien sur le papier, mais c’est bien. On aurait aimé prendre deux ou trois secondes mais Raul a été battu sur ce sprint. Julien (Bernard) n’a pas roulé et après, il est allé faire le sprint. Pour autant, c’est déjà bien d’avoir pris cette seconde-là car au Tour de La Provence et au vu du parcours, il se pourrait que chaque seconde compte à l’arrivée, vraiment. Une bonif sur cette course, c’est pratiquement déjà un Top 6 assuré au général. Minimum. Pour l’instant, ce sont surtout des sprinteurs qui ont pris des bonifications. Passeront-ils demain ? Je connais cette étape, et elle sera physique aussi. Nos deux leaders sont devant (avec Ewen Costiou, NDLR). Pour l’instant, on a coché les cases sur la première journée. Je note quand même qu’il y avait pratiquement toute l’équipe Lidl-Trek devant après l’Espigoulier. Je ne pensais pas qu’ils seraient encore aussi nombreux sur un peloton d’une vingtaine de mecs. Chapeau à eux. Mais derrière, on était la deuxième ou troisième équipe la mieux représentée.
« IL FAUT AVOIR DES IDÉES »
Tu as encore des idées en tête pour ce week-end ?
J’ai un plan pour chacune des trois étapes. C’est réglé dans ma tête pour demain (samedi). Et pour dimanche aussi (rire). Il faut avoir des idées sinon, comment espérer gagner ?
L’idée est donc clairement de gagner le général !
Oui, on veut gagner le Tour de La Provence. Raul n’était pas passé loin l’année dernière, mais il avait fait face à un très grand Mads Pedersen. Il est encore fort cette année, il a passé l’Espigoulier avec quinze mecs… On verra bien mais pour l’instant, nos coureurs ont fait la course qu’on avait demandé au briefing ce matin et on risque d’être détestés de tout le peloton (rire), comme je le disais… Mais ce n’est peut-être pas fini.
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