Thomas Gobert : « Une sacrée surprise »

Crédit photo DR

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Thomas Gobert a créé la sensation en remportant la Coupe de France eCycling (voir classement) pour sa première participation. À la veille du Championnat de France eCycling, le Francilien de 20 ans, licencié au VC Montigny-le-Bretonneux, revient pour DirectVelo sur son succès et retrace son parcours.

DirectVelo : Tu as remporté la Coupe de France eCycling 2024 !

Thomas Gobert : Pour être honnête, je ne m'attendais pas du tout à performer de telle manière. C’est une sacrée surprise. Je savais que j’avais un bon petit moteur sur la route mais j’ai obtenu très peu de résultats comme j’ai de gros problèmes de placement et que j’ai peur dans le peloton. Je dépense énormément de puissance pour compenser ces lacunes. Concernant l’eCycling, j’ai regardé quelques petits tutos sur YouTube qui expliquaient la stratégie et comment fonctionnait l’aspiration et comment utiliser PowerWatts. Je manque énormément d’expérience par rapport aux joueurs confirmés.

« J’AI VU PAR HASARD L’ANNONCE SUR INTERNET »

Pourquoi étais-tu absent des deux précédentes éditions de la Coupe de France et quel est ton parcours ?
Tout simplement parce que je n’étais pas au courant que ça existait. Après avoir pratiqué le tennis, j’ai commencé le vélo sur route à la suite du premier confinement. Mon père a été coursier à Rueil, c’est lui qui m’a motivé. Puis je me suis mis à faire du vélo connecté lors du deuxième confinement histoire de faire autre chose que du home trainer devant une série. Puis je n’ai plus fait de vélo pendant trois ans en raison des études et de ma prépa. J’ai repris en juillet 2023 uniquement sur la route. Durant l’hiver, je n’ai pas du tout fait de home trainer. Début 2024, j’étais Access 1 et j’ai gagné deux courses. Je suis monté Open 3 en mai, j’ai principalement couru en Ile-de-France. Puis en septembre, je me suis remis sur le home trainer car je voulais conserver ma forme physique de l’été. Je regardais s’il y avait des courses pour m’entraîner mais je n’avais pas du tout l’aspect compétitif que j’ai vraiment découvert sur la Coupe de France. J’ai vu par hasard l’annonce sur Internet. Comme j’ai une licence FFC, je me suis dit pourquoi pas, j’en ai un peu parlé avec le président de mon club. Il m’a dit : « fonce, tu n’as rien à perdre ».

Tu as battu certains Élites ou anciens Élites chevronnés !
Je ne connaissais pas forcément beaucoup de gens qui participaient à la Coupe de France. Mais quand j’ai regardé leurs historiques sur DirectVelo, j’ai vu qu’il y avait de sacrés clients comment par exemple Sébastien Havot. En regardant en arrière, c’est un honneur de pouvoir me confronter à eux.

Tu as tout le temps été leader du classement général au cours des cinq manches ! Comment as-tu construit ta victoire ?
J’ai été agréablement surpris du dénivelé de l’intégralité des épreuves. Les profils étaient assez vallonnés et ça m’était plutôt favorable, je les ai vraiment appréciés. Je ne suis pas forcément très bon au sprint. Lors du quatrième acte, la course a duré plus de 1h30 avec au milieu le KOM Volcano, c’était une belle expérience, il y avait du rythme, j’ai pu profiter.

« COMME UNE COURSE TEMPO »

Comment t’es-tu préparé en vue du Championnat de France eCycling ce samedi ?
J’ai fait une coupure durant les fêtes. Depuis début janvier, j’ai refait du volume pour arriver bien prêt. J’ai alterné avec des sorties route pour effectuer de l’aérobie faible. Même si l’objectif est de performer au Championnat de France, j’avais quand même envie de profiter sur route et de rouler avec des amis. De temps en temps, j’ai participé à une petite course de vélo connecté pour réaliser des efforts intenses et reproduire des intensités comparables au Championnat.

Quel est ton objectif sur ce Championnat de France et que penses-tu des parcours ?
Pour la demi-finale, il y a une bosse avec au moins 80 mètres de dénivelé positif, il y a moyen de faire des écarts, ça me convient. Pour la finale, le format est plus exotique et n’est pas forcément pour moi. C’est un critérium avec 22 tours et il y aura des sprints tous les demi-tours qui vont uniquement rapporter un point au 1er. Ce sera comme une course tempo sur piste. Il y aura probablement pas mal de stratégie. Mais le point positif est qu’on ne sera que dix au départ donc ça limitera les stratégies d’équipe pour nuire à quelqu’un. Compte tenu de mes résultats en Coupe de France, j’espère performer. Mais j’ai quand même l’habitude de rester modeste et il faut déjà que je me qualifie en finale, ce n’est pas chose faite.

T’imagines-tu au Championnat du Monde ?
Je n’ai pas forcément envie de me projeter. Romain Malbreil (le chargé de mission eCycling à la FFC, NDLR) m’en avait parlé au vu de mes résultats en Coupe de France. Ça peut être un objectif mais ça dépendra aussi de mon état de forme d'ici octobre et de ma performance au Championnat de France.

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