Benjamin Thomas : « On ne s'est pas fait de cadeaux »

Crédit photo DirectVelo
Benjamin Thomas a fait briller son casque d'or. Ce dimanche, au bout d'une longue journée entamée par une course aux points très disputée en qualification, le Champion olympique de l'Omnium a remporté le Championnat de France de la spécialité devant Bryan Coquard, son coéquipier de la Cofidis. Les deux Champions de France de l'Américaine ont fait leur course. Bryan Coquard a gagné l'élimination devant Benjamin Thomas qui a pris le dessus dans la Tempo et dans la course aux points. Mais au bout de trois jours de courses intenses, le Champion de France a senti la fatigue accumulée. "J'ai regretté les cartouches que j'ai mises en trop dans la course aux points", confie-t-il à DirectVelo à qui il raconte sa course.
DirectVelo : Tu finis fatigué mais tu remportes un nouveau titre de Champion de France...
Benjamin Thomas : C'était vraiment une belle course, Bryan a joué le jeu. On s'était dit qu'on venait pour faire des efforts. Au sprint on se neutralisait un peu, il a pris un coup d'avance dans une échappée à un moment. On est sortis tous les deux, normalement il aurait dû me laisser rouler mais il a quand même passé ses relais. J'ai réussi à en remettre une petite à la fin et reprendre le groupe qui venait de sortir, donc ça m'a donné un point d'appui. On ne s'est pas fait de cadeaux, je suis content qu'on ait fini aussi fatigués, ce sont des efforts qui vont nous servir.
Bryan Coquard t'a devancé à l'élimination et au scratch...
Bryan a été régulier toute la journée. Il a pris des points partout, il a gagné deux courses. Ça montre qu'il a toujours la science de la course, c'était le meilleur de sa génération et ça reste l'un des coureurs qui courent le mieux tactiquement. Même s'il fait le foufou, il sait tout ce qu'il fait, c'est un malin, et un malin compétiteur. On a passé trois jours super, je suis content de le revoir sur la piste.
Sur la tempo tu as dominé la course...
J'ai eu des bonnes sensations, j'ai fait les efforts quand il fallait. Sur la course aux points, j'avais l'impression d'être un peu dans le dur, mais quand je regarde, j'ai emmené pas mal de sprints devant, ce sont des efforts durs. Et quand on double on paie tous ses efforts. Je pense que c'est sur la course aux points que j'avais les meilleures jambes, mais ça s'est vraiment joué à la pédale, pas tactiquement. Du coup les sensations semblent moyennes mais c'est parce qu'on roulait vite.
« 120 KILOMÈTRES DE VÉLO »
Qu'est-ce que ça change un Omnium sur une piste de 200 m comme ici à Loudéac ?
C'est plus rythmé, il y a moins de temps de récupération. Sur la course aux points tu n'as pas le droit de te relever car tu as vite fait d'avoir un demi tour de retard ou de te faire piéger. C'est beaucoup plus dur de boucher des cassures.
Ce matin, il y a eu aussi une course aux points très rapide pour la qualification...
Ça fait des longues journées, la qualif est une cinquième course, ce n'est pas facile, ça roule à fond. Aujourd'hui, entre les échauffements et les courses, ça fait presque 120 kilomètres de vélo, dont 1h30 de course quasiment au seuil. Ce sont des grosses journées de travail.
Tu es prêt pour reprendre la route...
Là il faut récupérer pendant 2-3 jours, je repars en Espagne pour faire les dernières grosses sorties avant les premières courses. Je sens qu'il ne faut pas trop que j'en fasse, je dois entretenir et travailler encore un petit peu certains efforts longs, notamment en chrono. Puis je serai bon pour le début de saison, je ne devrais pas manquer de rythme. Les efforts ne sont pas les mêmes, c'est assez bref, mais si on veut gagner des courses c'est au bout de 4-5 heures qu'il faut ouvrir les vannes. Mais ça permet au moins de bien bosser.
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