AS Bike Racing : « Du travail à long terme »

Crédit photo DR

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L’AS Bike Racing compte un nouveau maillot dans sa collection. Dimanche dernier, Célia Gery s’est offert le titre de Championne d’Europe de cyclo-cross Espoirs dès son arrivée dans la catégorie. Pour le plus grand bonheur de Guillaume Annoye qui avait huit de ses neuf coureurs la semaine passée en Espagne. Avant la Coupe de France de Pierric (Loire-Atlantique), DirectVelo a fait le point avec le manager de l’équipe alsacienne qui grandit année après année. 


DirectVelo : La saison a très bien débuté avec la victoire de Célia Gery au Championnat d'Europe !
Guillaume Annoye : C’est l’aboutissement des choses mises en place. Pour Célia, je pensais à un podium avant la course. Elle arrive finalement à s’imposer après avoir subi des chutes ces derniers mois et après un Mondial sur route compliqué. Elle montre qu’elle a du caractère. Elle a su être patiente sur les premiers cyclo-cross de la saison, elle a simplement recommencé à faire des intensités la semaine précédente. C’est un talent mais il ne faut pas aller trop vite. Bravo à elle pour ce titre mais on est sur du travail à long terme. Elle s’épanouit avec nous. Elle doit encore apprendre plein de choses. 

Mais elle va être encore plus attendue… 
Pour Célia et Amandine (Muller), c’est de la découverte. Il ne faut pas mettre d’objectif et voir sur le long terme. Célia veut continuer d’évoluer dans le cyclo-cross. La FDJ-Suez a accepté ce projet. Dans le futur, elle veut des titres et des victoires en Coupe du Monde. Là, elle a fait un coup énorme mais il ne faut surtout pas mettre de pression, ni à elle ni aux autres.

« PAS DE LEADER »

Qu’as-tu pensé des performances de tes autres coureurs au Championnat d’Europe ?
David (Menut) fait 6e en Élites, Nathan (Bommenel) 5e en Espoirs… Lui s’est cassé la clavicule cette année, il a été opéré trois fois. Il est donc resté près de trois mois sans faire de vélo et ça lui a manqué sur ce parcours. Les Juniors Filles attendaient mieux (Jeanne Duterne termine 7e, Lise Revol 12e, NDLR) car elles avaient battu trois fois de suite la Suissesse qui a gagné (Anja Grossmann, NDLR). Il y a eu des petites erreurs dans l’approche mais c’est de l’apprentissage, le résultat n’est pas mauvais. Amandine Muller (8e) et Jules Simon (13e) arrivent aussi de Junior en Espoir, et Romain Debord (18e) n’était pas sur un parcours fait pour lui. La saison ne fait que commencer. Tout se passe bien pour nos coureurs. On a pris des décisions pendant l’intersaison, de prendre ou d’arrêter avec certaines personnes. On voit que ça a pris de suite. On n’a pas de leader. Ils ont tous la même attention de la part du staff. Tout va bien pour l’instant.

Qu’attends-tu de cette saison ?
La saison dernière, on a eu plusieurs titres au Championnat de France, en Espoirs Hommes, Juniors et Élites Femmes, et je pense qu’on est capable de faire la même chose. Cette année, il y a cinq titres à aller chercher. On a un groupe beaucoup plus fort. Chez les garçons, on est passé de trois à quatre coureurs en Espoirs. Je veux continuer de structurer l'équipe qui demande beaucoup de moyens humains et financiers. Il y a un vrai partenariat avec la FDJ-Suez. Le motorhome sur les courses, c’est tout bête mais ça apporte du confort aux coureurs. On accompagne nos athlètes au maximum en dehors des courses et on voit que ça fonctionne. L’écart se réduit avec les concurrents belges et néerlandais. 

« LE GROUPE EST DENSE »

Comment la saison a-t-elle été découpée ?
Des athlètes ont fait le pari de beaucoup courir dès les premières semaines de la saison. Et pour ceux qui ont mal géré leur début de saison, ça ne sera pas simple les prochains mois.  De notre côté, on a décalé le stage en altitude de quasiment trois semaines par rapport à 2023. Les résultats n'étaient pas au top sur les premières courses en raison de la fatigue. Le premier pic de forme était prévu pour le Championnat d’Europe et à Pierric. On ne va pas courir le week-end suivant puis à partir de Troyes, le groupe sera représenté. On a deux coureurs, Célia Gery et Nathan Bommenel, qui feront toutes les manches de la Coupe du Monde. 

Pourquoi ce choix pour eux ?
Pour Célia, quand tu as son niveau, il faut aller se battre avec les meilleures. Nathan est dans sa dernière année Espoir, et il a encore des choses à apprendre. Le fait qu’il soit plutôt sur la Coupe du Monde donnera aussi la possibilité à nos autres Espoirs de jouer la Coupe de France. Nos Juniors ne vont pas courir deux week-ends de suite. On a joué le joker de la Coupe de France ce week-end pour bien travailler car à partir de la manche de Troyes, ça va s’enchaîner. Le planning des Juniors est géré avec le sélectionneur François Trarieux, on lui fait une totale confiance. Pour David Menut, on a voulu changer son programme. On a neuf coureurs, le groupe est dense. On va essayer de gagner le général de la Coupe de France. On veut que chacun s’épanouisse, gagne des courses, se fasse plaisir. Je ne veux pas qu’on dise que chez nous, c'est tout pour un coureur…

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