Evita Muzic : « J’aurai sûrement plus de libertés »

Crédit photo Aurélien Regnoult - DirectVelo

Crédit photo Aurélien Regnoult - DirectVelo

Evita Muzic avait le sourire à l’arrivée de sa deuxième course du week-end. La Franc-Comtoise était présente sur le premier week-end de Coupe de France de la saison, à Nommay (Doubs) et s’en tire avec une 8e place le premier jour et une seconde tentative bien plus convaincante encore puisqu’elle a terminé au pied du podium (voir classement). Le tout sans avoir du tout préparé l’événement. DirectVelo a profité de sa présence sur l’événement pour faire le point avec la grimpeuse de la FDJ-Suez. L’occasion d’évoquer ce week-end doubiste mais également la saison 2025 sur route, où elle cohabitera avec de nouvelles leaders.


DirectVelo : Comment s’est passée cette seconde manche du week-end ?
Evita Muzic : Je suis contente. J’étais clairement venue pour me faire plaisir. J’ai vu qu’il y avait cette manche à Nommay, pas loin de la maison alors je me suis lancée. L’an dernier à Quelneuc, je n’avais vraiment pris aucun plaisir mais cette fois-ci, comme c’était de plus en plus roulant, j’ai pu m’exprimer et me faire plaisir. Forcément, je n’avais plus trop de jus car la saison sur route a été très longue. J’ai toujours de la puissance, je l’ai senti dans les buttes. Techniquement, j’étais à la rue par rapport aux autres mais j’ai déjà senti l’amélioration entre hier et aujourd’hui. Et puis, ce n’était pas hyper technique.

Qu’espérais-tu de ce week-end ?
Je n’avais aucun objectif de place. J’étais là pour prendre de l’expérience. J’étais avec les filles d’AS Bike (Célia Gery et Amandine Muller, NDLR), comme l’équipe est associée à la FDJ-Suez pour le cross. Les deux autres filles sont plus jeunes que moi mais elles sont très techniques, j’ai pris leurs conseils. Elles m’avaient d’ailleurs dit de prendre un gel en milieu de course et ça m’a été bien utile. Hier (samedi), j’avais complètement explosé en fin de course.

« JE NE PENSE PAS AVOIR LE NIVEAU INTERNATIONAL »

Tu n’as jamais véritablement joué le podium… 
J’ai foiré mon départ. Je ne voulais pas me faire une clavette pour le dernier jour de vélo de l’année. Même chez les jeunes, je n’ai jamais été la meilleure sur les départs en cross. Mais ça m’a fait du bien de voir que je remontais les filles au fur et à mesure. Je n’ai pas lâché jusqu’au bout.

Tu évoques ta “dernière de l’année”. L’an passé, tu avais disputé sept cross dont le Championnat d’Europe. Est-ce à dire qu’on ne te verra plus dans les labourés cette saison ?
Si, j’aimerais bien faire le Championnat de France à Pontchâteau. C’est un circuit assez physique qui, normalement, me correspond assez bien. J’en ai de bons souvenirs. Mais il faudra voir quels cross je peux faire en préparation. Ce qui me bloquait jusque-là, c’était l’organisation. Quand tu viens seule, ce n’est pas facile. Mais là, pourquoi pas enchaîner un peu comme je suis accompagnée des filles d’AS Bike. L’an passé, j’ai senti que le cross m’avait fait du bien. Mon entraîneur y tenait aussi, d’ailleurs. Mais je n’envisage pas vraiment d’aller jusqu’au Mondial non plus. Je suis quand même loin des meilleures Françaises et je ne pense pas avoir le niveau international. Mais ça peut être utile pour la saison sur route, sachant que je ne commencerai pas ma saison en Australie cette fois-ci (en janvier dernier, elle avait enchaîné toutes les épreuves australiennes du début d’année, dont le Tour Down Under, NDLR).

« ÇA POURRA ÊTRE CHACUNE NOTRE TOUR »

Il va y avoir de gros changements à la FDJ-Suez la saison prochaine puisque les leaders qui t’entouraient ces dernières saisons s’en vont tandis que d’autres grands noms arrivent. Comment imagines-tu ta place au sein de ce nouvel effectif ? 
Être avec les meilleures mondiales ne peut que nous tirer vers le haut. Je vais essayer de prendre encore plus d’expérience et de grandir avec elles. Cette année, c’était bien, j’ai eu le leadership toute l’année et c’est ce que je demandais. Mais quand tu es moins bien, c’est un peu plus dur de devoir quand même assurer, même si je suis contente d’avoir pu assumer mon rôle sur les Grands Tours. Mais là, j’aurai sûrement plus de libertés pour aller chercher des victoires. J’ai eu une très belle victoire (une étape du Tour d’Espagne devant une certaine Demi Vollering, NDLR) mais j’aimerais bien en avoir plus. J’ai beaucoup d’accessits. Je ne vais sans doute pas passer ma saison à jouer le classement général des courses par étapes cette fois-ci.

Y’aura-t-il de la place pour tout le monde, avec également une vieille connaissance et autre ancienne spécialiste du cyclo-cross, Juliette Labous, qui va devenir ta coéquipière ? 
Oui. Encore une fois, avoir les meilleures avec nous ne peut que nous tirer vers le haut. Chez SD Worx, les filles arrivaient à se partager la tâche. S’il y a une bonne entente, et je n’en doute pas du tout, on a des leaders avec des caractères qui peuvent matcher. Ça pourra être chacune notre tour et c’est comme cela que l’on prendra du plaisir et que l’on pourra espérer être en surnombre dans le final des courses.

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