Celia Le Mouel : « Je ne pensais pas me retrouver dans les plus fortes »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo

Celia Le Mouel a montré le maillot jaune et orange de St-Michel-Mavic-Auber 93 tout au long de l'étape la plus longue du Tour de France Femmes. Membre de l'échappée de quatorze qui a compté jusqu'à dix minutes d'avance, la Championne de France Espoirs du contre-la-montre a su en garder jusqu'à l'arrivée de Rodez pour finir avec le groupe des favorites, qui a repris le groupe de contre derrière Yara Kastelijn, lauréate de l'étape (voir classement). DirectVelo a recueilli le récit de la journée de la première Française sur la ligne, dans la zone des bus. Entretien. 

DirectVelo : Penses-tu que la victoire était possible aujourd'hui ?
Celia Le Mouel : La première (Yara Kastelijn) était vraiment au-dessus dans les bosses mais j'ai réussi à bien gérer. Je ne pensais pas me retrouver dans les plus fortes de l'échappée et il ne me manque pas grand-chose, au final, pour aller chercher un podium mais les leaders sont revenues sur nous. C'était cool de passer une journée comme celle-là à l'avant ! 

« JAMAIS FAIT UNE COURSE AUSSI LONGUE »

Que t'es-tu dit lorsque vous avez compté jusqu'à dix minutes d'avance ?
Au début, on voulait juste creuser l'écart. Quand nous avons eu dix minutes, on a commencé à penser à la victoire d'étape, à s'économiser un maximum, surtout sur une distance de 170 km. Je n'avais jamais fait une course aussi longue, surtout avec un enchaînement de difficultés. Je voulais me préserver. On se dit qu'on peut le faire, qu'il faut bien gérer son effort. Dans le raidard d'arrivée, j'ai lancé à quasiment 400 mètres de la ligne (sourire). C'était un peu loin mais il fallait tout donner et aussi essayer de fatiguer les autres, y compris mentalement car ça se joue beaucoup mentalement à ce moment-là. 

As-tu vite compris, dans le final, que tu faisais partie des plus fortes des quatorze ?
Non, je ne l'ai pas vite senti mais dans la voiture, ils croyaient en moi, ils disaient que j'étais l'une des meilleures grimpeuses du groupe. Dans le premier long grimpeur (la côte de Colombiès située à 35 km de l'arrivée, NDLR), je tenais le gouvernail à l'arrière, je n'avais pas trop confiance. Dans la deuxième bosse, j'ai bien géré mon effort et je me suis rendu compte que j'arrivais à tenir. Puis sur la fin je remontais les filles et j'ai basculé dans les cinq-six. C'est à ce moment-là que je me suis dit que sur la longueur, j'allais possiblement être parmi les meilleures. Dans la bosse suivante de deux kilomètres, ça montait tempo, je me sentais bien et j'ai presque hésité à attaquer. Je voyais que je récupérais bien des efforts. Ça donne de la confiance pour l'arrivée. 

« J'AI VU VOLLERING ME DOUBLER »

Qu'est-ce que tu as ressenti dans les derniers mètres en te voyant mêlée à la bataille des favorites ?
Je ne les ai pas vu venir. On n'avait plus d'info dans les oreillettes comme l'écart était de moins d'une minute, et ça, je ne l'ai pas tout de suite compris. Mais au pied de l'arrivée, avec toute la foule, j'étais un peu portée et c'est pour ça que j'ai lancé aux 400m. On a envie de pousser, pousser le plus possible. Aux 100 mètres, j'ai vu (Demi) Vollering me doubler, c'est un autre niveau. Mais c'était une superbe arrivée.

Comme espéré ce matin, tu permets à l'équipe de se relancer dans une dynamique positive après un début de Tour frustrant et décevant... 
On partait avec un objectif au général avec Coralie (Demay). Malheureusement, elle n'est pas au top de sa forme même si elle revient de mieux en mieux et que toute l'équipe a de meilleures sensations. L'objectif du général a été perdu de vue et nous nous sommes recentrées sur les étapes et le fait d'aller chercher les accessits. On sait qu'à la pédale, on n'est pas les meilleures mais nous avons eu aussi des chutes, des crevaisons, alors cette journée fait vraiment du bien.

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