Swann Guefveneu : « Il en fallait une pour débloquer »

Crédit photo Philippe Le Cocq - DirectVelo

Crédit photo Philippe Le Cocq - DirectVelo

Maintenant qu’il a goûté à la victoire, Swann Guefveneu ne s’arrête plus. Déjà vainqueur sur l’Oise U19 il y a quinze jours, il a de nouveau levé les bras le week-end suivant, sur Arguenon-Vallée Verte, décrochant ainsi ses deux premiers succès chez les Juniors. "Ça y est, il en fallait une pour débloquer, c'est chose faite. La victoire à l’Oise a fait du bien, je n’avais pas gagné depuis très longtemps", sourit-il. En Bretagne, il a trouvé un terrain vallonné, dans la Vallée Verte. "On est monté fort une première fois, puis dans le long faux plat ça n’a pas débranché. En haut d’un coup de cul ça s'est posé, trois gars se sont échappés et je me suis dit pourquoi pas". Plusieurs coureurs font la jonction, dont son coéquipier Raphaël Pouillard. "On avait 2'30'' à 6 kilomètres du but. Mais dans le dernier tour on a perdu 1'30'' car tout le monde soufflait avant la dernière montée pour jouer la gagne".

« JE N’AI PAS COURU ASSEZ INTELLIGEMMENT »

Son coéquipier tente sa chance, "mais il a crampé dans la côte, donc on est revenu. Je me sentais bien, je voulais tout donner pour réussir à conclure, je lance le sprint aux 100 mètres". Sans ne jamais être dépassé. Bien qu’il restait sur un succès dans l’Oise, le coureur de l’Olympique Grande-Synthe a quand même pu faire ce qu’il voulait. "En Bretagne ils ne me connaissent pas plus que ça. Certains oui, mais je ne me suis jamais dit que j'allais être favori, ça reste du plaisir, je n’avais pas de pression". Swann Guefveneu se sent enfin récompensé de ses efforts du début de saison. "La forme était là depuis le début, mais je n'ai pas couru assez intelligemment. Je faisais trop d'efforts inutiles, j'allais dans beaucoup de coups, j'attaquais trop et pas à des moments clés. Là ça y est, je suis comblé, j'arrive à décrocher des bons résultats".

Sur les courses UCI notamment, l’habitant de La Neuville-en-Hez (Oise) a pu s’exprimer. "Sur la Bernaudeau c’était difficile, c'était très usant, mais je n’ai pas de regrets. À Liège, tout a explosé dans Stockeu, je n'ai pas réussi à basculer avec les meilleurs. Notre groupe s'est reformé dans une descente pour former un petit peloton, j'étais un peu dégouté, on avait monté fort et c'est revenu. Mais dans la Redoute j'ai réussi à rassembler mes forces et faire 2 de mon groupe, donc je suis très content de faire un résultat sur une course aussi difficile et mythique", se réjouit celui qui a terminé 15e en Belgique, et 20e en Vendée. Ce chemin l’a donc mené à ses premières victoires, dans une période qu’il ne visait pas forcément. "Je me préparais plutôt pour Liège, pas spécialement pour ces courses. Je ne m'y attendais pas. J'étais peut-être un peu moins bien donc j’ai couru plus intelligemment, et ça m'a réussi".

LE CŒUR À ROUBAIX, LA RAISON DANS LES BOSSES

Swan Guefveneu cherche encore ses capacités, mais est surtout tiraillé entre le cœur et la raison. "J'aime bien tout, je suis assez polyvalent. Il y a des courses comme Roubaix que j'aime beaucoup, mais ce n’est pas vraiment à mon avantage. Sinon sur les courses punchies j'ai mes chances, avec des côtes courtes et raides". Il avait participé à l’Enfer du Nord sous le maillot du comité des Hauts-de-France, mais sa course de cœur ne lui avait pas souri. "Au troisième secteur je suis tombé, je n’ai pas réussi à revenir sur le peloton et ça me prive de toute chance de faire un bon résultat, mais c’était beaucoup de plaisir et d'expérience". S’il est amoureux de cette course, ce n’est pas parce qu’il a l’habitude de manger du pavé, lui qui est originaire du coin de Beauvais, loin des terres du Nord. "Mais c'est incroyable. Il faut être un guerrier, c'est vraiment dur mais quand on finit c'est un grand sentiment de fierté".

Après les pavés et les petites bosses, il manque encore la montagne pour compléter la panoplie. Et justement, la course cochée qu’il cite en premier remplit les critères. "Cette année, c'est le Valromey, ça me donne envie de repousser mes limites". Autant d’expériences qu’il aurait pu ne jamais connaître s’il avait suivi son premier choix de sport, à l’âge de 6 ans. "Mon père faisait de l’athlétisme, je voulais en faire comme lui mais il m'a expliqué qu'il ne fallait pas commencer aussi tôt car c’est traumatisant au niveau des articulations. Il faisait du vélo aussi, alors j'ai essayé et je n'ai jamais lâché", se rappelle celui qui a changé de club entre ses deux années Juniors, passant de Nogent-sur-Oise à Grande-Synthe "pour un meilleur programme de courses". Swann Guefveneu mise d’abord sur le plaisir et quelques victoires en plus. Pourquoi pas à la Classique des Alpes, La Cantonale ou Menen-Kemmel-Menin, trois courses cochées cet été.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Swann GUEFVENEU