Classique des Alpes : « Arriver avec de l’humilité »

Crédit photo William Cannarella - DirectVelo

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Son nom fait peur. Et pas seulement aux speakers. Cian Uijtdebroeks est présenté comme le favori de la Classique des Alpes Juniors qui se disputera ce samedi entre Ruy-Montceau (Isère) et la Bridoire (Savoie). Alors qu’il est difficile de lister des candidats à la victoire en raison du très faible nombre de courses disputées par les Juniors depuis un an et demi, le futur coureur de Bora-Hansgrohe est très attendu, encore davantage après son numéro de 70 bornes sur le Grand Prix de Bohème Occidentale, début mai (lire ici). “Lui et son équipe ne viennent pas pour acheter du terrain”, plaisante Emilian Broë auprès de DirectVelo.

« JE N’AI PAS PRIS LES SEPT MEILLEURS GRIMPEURS »

La Bourgogne-Franche-Comté semble sur le papier la mieux armée pour lutter contre les formations étrangères. Dans ses rangs, elles comptent trois coureurs qui affolent les équipes professionnelles depuis des mois, à savoir Pierre Gautherat, qui aura de quoi jouer en début de course, Romain Grégoire et Lenny Martinez. Ce dernier s’est fait remarquer sur Strava, le 23 mai dernier, en prenant le meilleur temps de la montée du Chat, le juge de Paix de l’épreuve. Le futur coureur de la Groupama-FDJ Conti a parcouru les 8,81 kilomètres à 7,6 % en 25’47’’. Même s’il est difficile de comparer l’effort, lors de l’édition 2019, le Colombien John Alonso était monté en 26’31’’. En 2014, David Gaudu l’avait grimpé, le jour de la course, en 27’43’’. Mais si la montée du Chat est toujours décisive, l’épreuve peut se perdre à différents endroits. “Il se passe toujours des choses avant ou après, rappelle le CTS de la Bourgogne-Franche-Comté. Je n’ai pas pris les sept meilleurs grimpeurs du comité pour cette raison. Une échappée fleuve peut partir avant le Mont Tournier et prendre 5’ d’avance”. En 2018, ce scénario avait permis à Eliott Pierre (Ile-de-France) de s’imposer.

Depuis toujours, la Classique des Alpes Juniors ne sourit pas forcément à celui qui grimpe le mieux. Si le dernier lauréat Valentin Paret-Peintre a le profil d’un escaladeur, un puncheur comme Nicolas Malle s’était imposé en 2016. Romain Grégoire semble lui savoir tout faire sur un vélo. Le Champion de France, 3e du dernier Tour du Gévaudan au milieu des amateurs, a le profil pour inscrire son nom au palmarès. “Il va être attendu, reconnaît son CTS. Mais il a la tête sur les épaules. Son approche a été très bonne sur le plan de l’entraînement. Il s’est mis dans de bonnes conditions mais bien sûr il n’est pas à l’abri d’une défaillance. Il reste un Junior, il est encore en formation”.

« TELLEMENT IMPRÉVISIBLE »

Comme chaque année, la Classique des Alpes révélera des coureurs. “On est dans un contexte avec zéro course. Il peut y avoir un tas de surprises. Il faut respecter les adversaires et arriver avec de l’humilité”, assure Emilian Broë. D’autant plus sur cette édition alors qu’aucune épreuve fédérale n’a pu avoir lieu en France et que toutes les manches de la Coupe des Nations Juniors ont été annulées ou reportées. “Ce ne sera pas différent des autres années. Il y aura des surprises comme à chaque édition, insiste François Trarieux. En 2017, nous avons Antoine Gauran qui avait terminé 4e alors que personne ne l’attendait à ce niveau-là. C’est ce jour-là qu’on a découvert ses qualités de grimpeur. Tu ne peux pas forcément savoir ce qui va se passer, c’est tellement imprévisible”.

Pour exister, les comités sondés par DirectVelo demanderont à leurs protégés de prendre la tant désirée échappée matinale. “La Classique des Alpes n’arrive pas en haut d’un col. Avant le premier col, il y a 40 kilomètres de plat”, rappelle Julien Xiberras. Malgré le manque de rythme, le CTS du Grand Est espère voir chacun apporter sa pierre à l’édifice. “Le niveau sera très relevé, il ne faut pas se faire d’illusions. Il y a des belles équipes étrangères, notamment celle de Cian Uijtdebroeks. AG2R Citroën U19 a de beaux coureurs, ça tire nos garçons vers le haut”. Si prendre l’échappée est une option intéressante, il faudra plus que jamais compter ses coups de pédales. “Pour ceux qui n’ont pas couru, il faudra bien gérer son effort, estime David Louvet pour la Normandie. Il y a 120 kilomètres de course. Il ne faudra pas faire d’effort inutile”. Et profiter de ce « vrai » retour à la compétition sur l’une des courses les plus mythiques du calendrier Juniors.

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