La Grande Interview : Caroline Mani

Crédit photo Hervé Dancerelle - DirectVelo

Crédit photo Hervé Dancerelle - DirectVelo

Et de treize. À Dübendorf (Suisse), Caroline Mani disputera ce samedi son treizième Championnat du Monde de cyclo-cross. Dès la semaine suivante, elle retrouvera le chemin des Etats-Unis où elle passe la majeure partie de sa vie depuis 2011. Dans le Colorado, la Bisontine de 33 ans occupe le poste de vendeuse dans un magasin de vélos. “Quand un client est un peu chiant, je lui dis que j’ai fait un peu de vélo quand même”, confie celle qui est obligée de prendre cinquante jours de congés, non-payés, par an pour continuer d’exercer sa passion. Et même si elle a dû mal à boucler un budget ou que des choses l'agacent, la quintuple Championne de France a bien envie de continuer -encore un peu- cette double vie.

DirectVelo : Comment se sent-on la semaine d’un Championnat du Monde ?
Caroline Mani : Je suis plutôt détendue. Je jouais une bonne place au classement final de la Coupe du Monde car il y avait un gros chèque à la clé, et j’ai pu terminer dans le Top 10 (voir ici). Je suis rentrée dans les clous. Je me rends donc au Mondial sans pression. Ma condition physique est plutôt bonne. J’ai terminé 14e, dimanche dernier, à Hoogerheide mais j’étais dans le coup. Je me suis fait tomber dessus au départ. Il a quand même fallu que je passe des radios, dimanche soir, car j’avais mal au poignet. Je suis arrivée pour la 9e place. Sur un circuit comme celui-là, ça veut dire que la condition est là. Je vais au Mondial pour faire une bonne petite place.

Que signifie “une bonne petite place” ?
Un Top 10, ça serait bien car je confirmerais alors mes bons résultats de la saison. Un Top 5 serait l’idéal et vraiment une bonne performance. François Trarieux (le sélectionneur national, NDLR) m’a dit « on part pour le Top 5 ». Quand tu as terminé 2e d’un Mondial, faire mieux, c’est être Championne du Monde… On va s’appliquer et se faire plaisir. Je donne tout en général. Ne pas avoir de regrets reste le principal.

Abordes-tu le Mondial comme il y a cinq ou dix ans ?
Ça veut dire que je suis dans les vieilles ça ? (sourires). On peut le dire ! J’ai vu un message passer sur les réseaux sociaux : (Katherine) Compton est la féminine qui a le plus de participations, elles sont ensuite trois à quatorze Mondiaux, et moi j’en ai treize. Je vais bientôt être sur le podium des vieilles ! Chaque Mondial a une approche différente. À mon premier, j’étais stressée. C’était tout nouveau et j’étais forcément impressionnée. Il y a des Mondiaux où tu pars en visant un Top 15 ou 10, et ceux-là ne sont pas très stressants. Avant Zolder, en 2016, la donne était différente pour moi. En Équipe de France, on m’avait dit : « Caro, là faut y aller, le podium est jouable ». C’est une pression supplémentaire de partir en jouant le podium. Tu te retrouves devant pendant la course, et tu as les liserés tout près… Au Luxembourg, en 2017, j’étais en procès avec mon équipe. C’était parti en cacahuètes. L’an passé, je n’aurais pas dû y aller. Je me suis battue avec ce que j’avais, c’est à dire plus grand-chose... Tous les Mondiaux ont une saveur différente.

« LES GENS SONT SÉVÈRES »

Tes proches te trouvent très sereine depuis quelques semaines…
Nous avons tous nos soucis personnels : des contraintes, du stress, des séparations. Je suis encore dans la procédure de mon divorce, et ça a été très violent l’année précédente. Il y a aussi le stress du boulot. Je prends des jours de congés non-rémunérés pour courir. Et quand tu ne marches pas, comme l’an passé, tu n’as pas de primes de course. Cela apporte un stress financier. Je suis plus posée aujourd’hui. J’ai créé ma propre équipe. C’est moi le boss. La plupart des gens pense que je suis dans une équipe, mais non. C’est la mienne. C’est beaucoup de travail de chercher des sponsors, mais je me suis fait plaisir en courant aux États-Unis cette saison. Il me faudrait un peu plus de budget car c’est un petit peu chaud quand même. Comme je le disais, j’ai fait un bon général en Coupe du Monde. Je suis détendue, et ça compte énormément sur mes performances. 

Penses-tu qu’on oublie parfois qu’un athlète est avant tout un être humain ?
Les gens sont sévères sans savoir ce qu’il se passe dans la vie des autres. Une athlète peut performer et d’un coup, être plus en retrait. Mais on ne sait pas tout de la vie d’une cycliste. Sa mère peut avoir un cancer, tu peux être être en séparation ou avoir des soucis financiers… On ignore trop souvent ces aspects-là. 

Pourquoi selon toi ?
Les gens ne voient que ce qu’on veut bien poster sur les réseaux sociaux. On est un peu narcissique, on s’aime, tout va bien et ça, on le montre... Mais tu ne vas pas écrire : « Je suis en dépression, ça ne va pas dans ma vie, je fais des crises d’angoisse, j’ai un divorce de merde... ». Il faut donc chercher à comprendre et, surtout, ne pas juger un athlète sans avoir tous les éléments . 

Avec les réseaux sociaux, c’est compliqué...
Quand tu as une critique qui te concerne, tu es obligée de la voir. Il y a toujours quelqu’un qui va t'identifier sur une photo si tu ne l’as pas vue par toi-même. C’est un cercle vicieux. Cette semaine, j’étais en conférence téléphonique avec Shimano. Nous étions 200 personnes. Nous avons eu droit à une démonstration pour savoir comment optimiser les messages sur les réseaux. C’est intéressant mais tu as l’impression d’être fliquée. Quand je voyais le nombre de posts conseillés de faire, comment les rédiger, le nombre de personnes à toucher… Tu te dis « Oulalalah ». On te pousse à être présent sur les réseaux sociaux.

« J’AI LU DES CHOSES INJUSTES »

En décembre, tu as été critiquée dans quelques messages sur la page Facebook de DirectVelo notamment…
Moi, et d’autres. J’ai lu des choses injustes sur Steve Chainel. Il se bat depuis des années pour faire vivre son équipe, il s’investit dans le cyclo-cross. Il permet à des coureurs d’évoluer dans de bonnes conditions. Antoine Benoist est l’un des meilleurs Espoirs mondiaux, Mickaël Crispin est Champion d’Europe. Steve ne se fait pas une fortune avec son équipe, il est obligé de bosser à côté. Il fait ça par passion et il s’est aussi fait dégommer sur les réseaux. Il a connu des périodes personnelles compliquées. Il pourrait très bien trouver des partenaires juste pour lui. Les gens ne se rendent pas compte de tout ça. Mais je trouve que c’est plutôt dans la culture française de critiquer même s’il ne faut pas forcément généraliser.

Ce n’est pas le cas aux États-Unis ?
Là-bas, après une contre-performance, on t’encourage. On te dit « c’est bien, tu t’es battue, ça va le faire ». On te tire vers le haut, on ne te pousse pas vers le bas… C’est une meilleure mentalité, ça t’entraîne vers de meilleures performances aussi bien dans le sport, qu’au travail ou dans ta vie personnelle. Ça évite de créer des conflits ! Quand je vois des gens qui s’insultent sur les réseaux sociaux…

La critique peut permettre d’avancer…
Critiquer, c’est bien mais ça doit être constructif. Ça ne sert à rien s’il n’y a pas des choses positives derrière. C’est de la mauvaise volonté, de la jalousie, de la méchanceté… J’ai eu ma dose à un moment. Tu rentres chez toi après une course, tu prépares un Championnat de France et tu lis ça… Je me suis dit : « c’est bon, j’arrête avec tout ça ». C’est global. Les Français, nous avons toujours tendance à nous plaindre. “On bosse trop etc”. Aux États-Unis, tu bosses plus d’heures, tu n’as aucun jour de congés payés… Et je ne parle même pas du médical. 

Est-ce simple de ne pas répondre aux gens qui critiquent ?
Ça dépend (sourires). L’autre jour, j’ai lu un “Mani MDR”. Tu as envie de rentrer dans la personne mais il faut laisser courir. Les gens répondent aussi pour moi. Je suis intervenue pour des messages concernant Yan Gras après le Championnat de France. J’essaie toujours de répondre de manière diplomatique. J’en chie un peu car depuis que je suis aux États-Unis, je n’écris plus trop en Français. Il faut faire attention à ce qu’on écrit. Je suis du genre à dire les choses, ça passe ou pas avec moi.


« JE NE VEUX PAS ÊTRE FAUX-CUL »

Tu es le genre de personne qui ne laisse pas indifférente. Soit on t’aime, soit c’est compliqué...
Je ne veux pas être faux-cul dans une interview par exemple, même s’il faut surveiller son langage car ça peut être déformé. Mais à quoi bon de ne pas dire les choses ? C’est bon pour personne d’avoir une interview redondante. Si tu réponds toujours pareil et que tu ne partages rien, quel est l'intérêt ?

Tu es plutôt une bonne cliente pour les médias…
Comme je le disais, ça passe ou pas. Je vais sûrement en prendre plein la tronche encore avec cette interview. Mais j’ai envie que les gens se rendent compte de ce qu’il y a derrière une cycliste. On l’a vu récemment avec l’histoire de (Denise) Betsema (contrôlée positive aux stéroïdes anabolisants à deux reprises en 2019, elle a écopé de six mois de suspension. Elle affirme avoir pris un complément alimentaire contaminé, NDLR). Il n’y a quand même pas grand monde qui se mouille. Ils ont peur de quoi ? 

Les coureurs ont souvent du mal à commenter des décisions liées à un contrôle positif…
À un moment donné, il faut dire ce qu’on pense. Puis moi, je m’en fous, je ne veux pas aller courir en Belgique ou aux Pays-Bas. Il faut arrêter les conneries. Je trouve ça inadmissible. Ce sont des histoires à coucher dehors. C’est comme si je disais “ma copine s’est fait opérer des dents de sagesse, il y avait un sachet de stéroïdes sur la table et je me suis trompée...”. L’UCI ne respecte pas ses propres règles. Elle a été en tête du classement UCI pendant des semaines. Ils l’ont retiré deux jours après que ce soit sorti dans la presse. Peu de filles ont donné leur avis à part Compton, (Katerina) Nash, Rebecca (Fahringer), Nikki (Brammeier) et (Christine) Majerus. On n’a rien vu de la part des Belges et des Néerlandaises… Les gens ont peur de se mouiller mais il faut mettre un coup de pied dans la fourmilière. Comment peut-on supporter ça ? 

Tu as été très active à ce sujet sur les réseaux sociaux. As-tu eu des retours négatifs ?
Il n’y a pas eu beaucoup de retours. Je n’ai quand même pas un nom comme Compton, dont le mari a été critiqué pour avoir donné son avis. Je ne suis pas trop Twitter. Je m’y suis remise cette semaine. En tout cas, j’assume ce que j’ai mis. Ce n’est pas bon pour l’image du cyclo-cross et du cyclisme. Quand je suis malade, je prends un doliprane. Je deviens parano. Mon père m’a acheté un Nutella allégé car je suis addict au Nutella. J’ai vérifié tout ce qui était écrit sur l’étiquette… Je trouve quand même bien que le sélectionneur néerlandais ne l’ait pas retenue au Mondial. Je suis dans l’extrême même si on fait tous des erreurs. Je suis intransigeante sur le dopage. L’éducation te donne des bases. À nous de nous renseigner ! On n’a pas trop d’excuses même si un cas à la con peut arriver à tout le monde. Mais là on parle de stéroïdes… Il faut faire peur aux athlètes. Quand tu donnes six mois, ce n’est pas le cas. Il faut une punition plus importante.

« ON VA VITE NOUS OUBLIER »


Aimes-tu encore l’ambiance “cyclo-cross” ?
Je note une différence entre l’Europe et les États-Unis. Là-bas, tu te déplaces en avion donc tu restes tout le week-end sur le lieu de la course. Ici, parfois, un coureur arrive deux heures avant de s’élancer. Je côtoie certains depuis quinze ans, et je ne leur ai jamais adressé la parole. J’échange souvent avec Nash et (Maghalie) Rochette. On mange ensemble après les courses. C’est un esprit familial, très convivial. C’est différent en Europe. Au Championnat de France, tu vois des clans. On ne fait pourtant que du sport… Six mois après ton arrêt, on t’a vite oubliée. On est juste de passage. 

Quel rapport as-tu avec la jeune génération ?
J’ai demandé à François Trarieux de me présenter auprès des jeunes de l'Équipe de France car je ne les connaissais pas. Et c’est dommage de ne pas savoir les prénoms. Ils n’ont quasi pas de culture vélo aujourd’hui. Ils regardent les Belges avec admiration mais un jeune ne savait pas que j’ai été vice-Championne du Monde. Ce n’est quand même pas si vieux que ça. C’est la preuve que je serai vite oubliée. Sinon, il y a l’exemple de Maryline Salvetat, médecin de l'Équipe de France. Les Juniors la prenaient pour une “guignole” un jour. On avait joué un peu les cons et un membre du staff a dit aux jeunes de taper son nom sur Google. Ils sont restés bêtes en voyant qu’elle a été Championne du Monde…

Tu te sens en décalage avec les jeunes ?
C’est une question d’éducation. J’ai discuté avec Pauline (Ferrand-Prévot) au cyclo-cross de Troyes, début janvier. Elle m’a dit « les petites te mettraient limite au tas ». Quand Pauline est arrivée en Équipe de France, nous étions les deux plus jeunes du groupe. On regardait avec admiration les Leboucher, Salvetat, (Nadia) Triquet ou (Christel) Ferrier-Bruneau. Je rêvais d’égaliser les cinq titres de Championne de France de Laurence et Maryline. On observait beaucoup, on faisait les éponges. Dès qu’on pouvait reconnaître avec elles un circuit, on y allait. C’est ce qui me permet de durer dans le temps. J’ai appris d'athlètes d’expérience. J’ai quand même fait treize Mondiaux, alors j’ai peut-être des choses à apporter... A contrario, les jeunes pourraient aussi m’apprendre des choses. Je ne suis par exemple pas de la génération qui saute les planches.  

Il y a moins de respect aujourd’hui ?
Oui. Clairement, je n’ai pas envie d’arrêter ma carrière sur une chute car une fille m’a coupée en deux à un départ. Mais c’est récent car l’année où j’ai terminé 2e du Mondial, on avait passé un super week-end. Des filles comme Juliette (Labous), Evita (Muzic) et Maëlle (Grossetête) étaient preneuses d’informations. Juliette, c’était une vraie éponge. Ces filles vont durer. Aujourd’hui, ça n’intéresse plus les filles de rouler ensemble. Ce week-end, ça va être sympa d’être dans l’ambiance Équipe de France mais d’une manière générale, il manque un peu plus de collectif et de partage. J’ai fait la reco le week-end dernier avec Perrine (Clauzel), c’était sympa. On peut toujours s’apporter. 

 « SATISFAITE DE MA CARRIÈRE »

Es-tu fière de ton parcours ?
Je fais une carrière dans la durée. Il ne reste plus beaucoup de filles de ma génération. J’ai rangé mes médailles il y a peu et j’en ai quand même obtenu 23 au niveau national. J’en ai une au Mondial, une au Championnat d’Europe. Le sport t’apprend beaucoup. Je fais tout rapidement au travail. Je fais du sport depuis l’âge de six ans. J’ai fait du tennis, du moto-cross… J’ai toujours été en vadrouille. Je n’ai jamais eu le temps de prendre le temps. Je faisais mes devoirs rapidement pour aller au sport ensuite. On apprend également à gérer le stress. C’est important de pousser les jeunes à faire du sport, ça aide à devenir une meilleure personne. Si je devais arrêter demain, je serais satisfaite de ma carrière. Même si je n’ai pas été Championne du Monde….

Penses-tu déjà au moment où tu arrêteras ?
Je l’appréhende. Tu es en haut de l’affiche, et après il n’y a plus personne autour de toi. Comme je le disais, on est vite oubliée. C’est le côté ingrat du sport. On oublie qu’il y a Caroline Mani l’athlète mais aussi la personne. On va vivre des vies normales ensuite. Les sportifs ne le vivent généralement pas très bien. On enterre une partie de soi. Le fait que je bosse déjà va m’aider à mieux passer la transition. 

As-tu fixé une date limite ?
Non. Je me bats chaque année pour avoir un contrat, des vélos… Je n’étais pas certaine de repartir cette saison. Il a fallu batailler pour avoir une enveloppe. Et heureusement que mes parents sont derrière moi. Ils viennent avec moi sur des courses, ils me prêtent une voiture, ils m’hébergent… 

Et curieusement, tes parents sont très discrets…
Mes parents sont très effacés. Que je termine 5e ou 22e, c’est pareil pour eux. Je fais du vélo pour moi. Mon père a été ceinture noire de karaté. Nous sommes d’une famille qui a toujours fait du sport, notamment du tennis. Mon père a dit un jour « on mettra les moyens qu’il faut pour que vous fassiez du sport », alors que lui n’avait pas eu la famille pour suivre... Mes parents se sont investis pour nous. Ma sœur a fait un sport-études dans l'athlétisme. Ils sont fiers mais effacés. C’est peut-être aussi pour ça que j’ai duré. Il n’y a aucune pression. 

 « JE N’AI JAMAIS EU DE PRESSION DE MES PARENTS »

À l’inverse, ça aurait pu être un frein dans ta carrière...
Mes parents nous ont toujours dit de finir ce qu’on commençait. Soit on fait, soit on ne fait pas. Eux sont à fond dans leur business, ce sont des bosseurs. Nous avons été éduqués de cette manière. Je suis très gâtée, on ne va pas se le cacher, mais on connaît l’importance du mot “travail” dans la famille. On n’avait pas le choix, il fallait faire des études. Pour eux, je ne pouvais pas faire que du vélo avant de terminer mes études. Mon frère va être probablement chirurgien, ma sœur et moi, nous avons un Master. On n’a pas fait les choses à moitié, on n’avait pas le choix encore une fois. Honnêtement, parfois, ça faisait un peu chier mais grâce à eux, j’ai un bagage en main. Je me fais plaisir dans le sport. Ils ont appris à suivre le vélo. Chaque mardi, ma mère regarde le classement UCI et m’envoie un message. Elle me dit si j’ai monté ou perdu des places. Ma mère se prend au jeu.

Et ton père ?
Il dit souvent : « moi, je ne sers à rien ». Il est effacé mais il est là quand il y a besoin. Ils m’ont appris à me gérer. Je fais ma mécanique. Un jour, Laurence Leboucher, chez elle, m’a fait démonter mon vélo. Sur le coup, je n’ai pas compris mais elle voulait que je le remonte pour apprendre. C’est une fierté de savoir le faire. Mais je ne peux pas encore courir et être dans le poste de dépannage ! Il faut toujours quelqu'un pour m’aider. Mais voilà, si j’ai un souci, je peux le gérer moi-même et ça me permet d'être indépendante… et de durer ! Je n’ai jamais eu de pression de mes parents alors qu’on voit des jeunes péter des câbles. 

Que diront tes parents le jour où tu arrêteras ?
Ils me diront que c’était bien. Ils ne diront jamais « oh dommage, on ne pourra plus aller sur les cyclo-cross ». Ma mère m’a toujours dit que j’aurais dû faire du beach-volley pour venir me voir au soleil. À Flamanville, j’ai dit à ma mère : « Maman, ça fait 23 fois que je monte sur le podium, impose toi ! ». En Équipe de France, ils viennent me dire bonjour et après ils font leur vie. Il y a des gamins qui ont leurs parents toujours à cinq mètres d’eux. Si c’était à refaire, je ferais tout pareil ! Et quand tu peux te dire ça, c’est que tu n’as de regrets dans ta carrière.



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