Michel Callot : « Les centres de formation, une de mes priorités »

Crédit photo Patrick Pichon - FFC

Crédit photo Patrick Pichon - FFC

Michel Callot a été élu Président de la Fédération Française de Cyclisme ce samedi, au siège du Comité National Olympique du Sport Français (lire ici). Dans la foulée de son élection, DirectVelo a recueilli ses premières déclarations.

DirectVelo : Quels vont être les principaux axes de votre projet fédéral ?
Michel Callot : Ce projet fédéral s'appuie sur trois moteurs dans mon esprit. Le premier, c'est ce que j'appelle le fédéralisme, c'est-à-dire le fait de gouverner de manière un petit peu différente en étant plus au contact des régions et de la base, ce qui est essentiel pour moi. Mais le fédéralisme, c'est aussi cette conquête que l'on doit avoir vers ce public élargi qui nous échappe un petit peu aujourd'hui, même si c'est un public  sympathisant du vélo. Parfois, il ne sait même pas que nous existons. Le deuxième axe est le projet sportif. Nous avons une vraie responsabilité avec un potentiel d'athlètes qui est exceptionnel. Notre responsabilité, en tant que dirigeants fédéraux, c'est de donner tous les moyens nécessaires à ces jeunes pour qu'ils puissent atteindre le plus haut degré de niveau de performance dans leur parcours sportif. Le troisième et dernier axe est assez naturellement la modernisation de l'outil fédéral. Nous ne sommes pas une fédération très riche et peut-être que certains investissements ont été différés mais aujourd'hui, nous devons absolument avoir un plan de développement numérique à la hauteur des exigences du XXIe siècle d'une part, et d'autre part d'une fédération aussi large que la Fédération Française de Cyclisme.

« PAS ASSEZ DE COMPETITRICES »

La féminisation du cyclisme est déjà un chantier de l'équipe en place. Comment allez-vous y travailler ?
Je pense qu'il faut prendre le problème sous plusieurs angles. Nous avons absolument besoin de massifier. On s'aperçoit que ce qui pénalise notre activité féminine, c'est que nous n'avons pas assez de compétitrices, tout au moins à l'échelon régional. Nous avons également une raréfaction du nombre d'épreuves. Il va d'abord falloir aider les clubs à se structurer pour mieux accueillir les Dames car on s'aperçoit que nous en avons un plus grand nombre en école de vélo qu'après. C'est donc que l'on a du mal à bien les encadrer pour pouvoir ensuite les conserver. Je ne jette pas la pierre aux clubs mais je dis simplement que la Fédération n'a pas construit les outils nécessaires pour le moment pour faire ce travail-là. Plus généralement, ce plan de féminisation de la fédération doit consister à séduire ce public féminin qu'on voit finalement très nombreux sur les vélos. Beaucoup de Dames pratiquent et on doit trouver les "produits" nécessaires pour attirer ces pratiquantes vers notre fédération.

Au sujet de la formation, dans votre programme vous parlez de structures de haut-niveau chargées de la formation, adossées aux équipes professionnelles. Les clubs de DN pourraient-ils prétendre à être ces structures ?
J'ai eu l'occasion de travailler sur ce dossier au sein de mon Comité de Rhône-Alpes avec l'exemple de la formation professionnelle AG2R La Mondiale et le centre de formation du Chambéry CF. Cela a été le serpent de mer de mes mandats rhônalpins puisque malgré le travail entrepris avec les DTN successifs et une certaine bienveillance de tous les acteurs, ce dossier n'a jamais abouti. J'avoue avoir eu un certain agacement sur le sujet : On me dit qu'il y a certains obstacles techniques. Maintenant, que je suis Président de la Fédération, c'est un sujet que je mets en priorité sur mon plan de travail et vous pouvez être certains que je mettrai tout mon poids dans la balance pour qu'on résolve les problèmes s'il y en a. Et surtout que l'on aboutisse très rapidement à ce que le cyclisme, comme les autres grandes disciplines sportives, puisse bénéficier de centres de formation attachés à son secteur professionnel.

Ces centres de formation pourraient-ils bénéficier de la taxe d'apprentissage pour se financer ?
Il faut faire attention en matière de législation sur la taxe d'apprentissage. Ce sont deux choses un tout petit peu différentes. Le fait d'être un centre de formation reconnu par les instances sportives - autrement dit le Ministère de la Jeunesse et des Sports - permettrait dans un premier temps, de bénéficier d'un certain nombre de financements à travers le label. Pour la taxe d'apprentissage, c'est une possibilité mais à condition que les centres de formation accomplissent un certain nombre de démarches complémentaires : il y a notamment un agrément à obtenir auprès de la préfecture et là, c'est départemental. On pourra alors les accompagner et les aider dans ce sens-là.

« LES CYCLO-SPORTIVES SONT UN RESERVOIR DE SYMPATHISANTS »

Pour toucher le plus grand nombre, vous souhaitez aussi développer la catégorie Masters. De quelle manière ?
Il faut que l'on se recale sur le modèle UCI. On voit bien le succès que commencent à avoir ces compétitions internationales réservées aux Masters. Comme on le trouve dans d'autres activités sportives, on est sur une notion de loisir plus que de haut-niveau, même si ces gens-là veulent briller. Et c'est à nous en effet, de construire quelque chose de plus pyramidale par un système de qualification. L'intérêt serait alors de pouvoir déployer le projet sur tout le territoire et d'asseoir progressivement un système qui permettra à chaque région qui le souhaitera de s'inscrire dans ce système de qualification.

Que peuvent apporter les cyclo-sportives à la fédération ?
Mon approche par rapport aux cyclo-sportives est de dire que ce doit être un moyen pour nous de conquérir des licenciés. Aujourd'hui, nous n'arrivons pas trop à le faire puisque nous ne savons pas mettre un produit suffisamment attractif en face des pratiquants. Je ne suis pas sorcier et je ne vais pas sortir ce produit de mon chapeau mais il va falloir faire un vrai travail de marketing en se faisant sans doute aider par des entreprises. Je vois les cyclo-sportives comme un réservoir potentiel de sympathisants et d’adhérents à la Fédération Française de Cyclisme plutôt qu'un système d'organisation vers lequel on irait à la conquête de droits d'organisation.

La FFC pourrait-elle créer sa propre cyclo-sportive ou ce n'est pas son rôle ?
J'ai peur que le train soit déjà passé. On peut toujours travailler sur des sujets. On voit notamment qu'il y a peut-être d'autres manières de travailler le sport de masse, comme l'urbain. Je crois aussi que le système pyramidal pourrait, encore une fois, être un bon moyen de revitaliser et amener nos comités régionaux à s'intéresser de plus près à ces événements type cyclo-sportifs.

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