J.O. : Un chrono plus long que d'habitude

Crédit photo Artyom Sharmatyam - WikiCommon

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Les favoris commencent à se renvoyer la balle. Les protagonistes du contre-la-montre à Rio 2016, qui doivent s'affronter mercredi, désignent comme référence à battre le vainqueur sortant du Tour de France, Chris Froome, qui lui-même cite plusieurs adversaires : Tony Martin, Fabian Cancellara, Vasily Kiryenka (Champion du Monde en titre de la spécialité) voire Rohan Dennis. Mais pas Tom Dumoulin, encore convalescent de sa blessure au poignet. Une longue liste : c'est normal, au vu du parcours de ce contre-la-montre olympique.

LE SITE DE DEPART/ARRIVEE

Fini la célèbre plage de Copacabana, qui accueillait ce week-end les épreuves en ligne (lire ici). Les chronos auront lieu quelque vingt-kilomètres plus à l'est (mais à plus d'une heure de route), sur le site du Pontal. Cette côte très découpée, qui forme une péninsule, longe une autre plage, Recreio. Le paysage s'annonce donc toujours aussi enchanteur.

LA LONGUEUR

54,56 km annoncés : les organisateurs (les délégués de l'UCI, en réalité) n'ont pas lésiné sur la distance. C'est peu ou prou le format du dernier Championnat du Monde 2015 à Richmond (53 km), mais beaucoup plus gros que ce qui se fait d'habitude. Par exemple, à Londres, en 2012, les coureurs ont pédalé dix kilomètres de moins. Et sur les grands tours, les contre-la-montres sont désormais "limités" par les organisateurs (40 km maximum sur le dernier Giro, 37 sur le Tour). A Rio de Janeiro, il y en aura donc pour plus d'une heure d'effort, et ce d'autant plus que le profil n'est pas plat du tout.
Chez les femmes, le contre-la-montre est fixé à 29,86 km. Egalement dans le moule de Richmond l'an passé (29,9 km).

LES DIFFICULTES...

Vous vous souvenez de ces montées en début de course, ce week-end, à travers la forêt, dans le Parc naturel de Grumari ? Mais si, il y avait notamment ce passage avec le secteur pavé (partiellement recouvert de bitume). Le circuit de Grumari est de nouveau au programme avec le contre-la-montre des Jeux, à couvrir une fois pour les femmes, deux fois pour les hommes.
Il y a deux bosses à franchir (donc quatre pour les hommes) : la Côte de Grumari puis celle de Grota Fundo. La première difficulté se dresse au bout du km 8, après le fameux passage en pavés. Grumari est évalué à 1,3 km de montée et 9,4% de pente moyenne. L'ascension suivante, Grota Fundo, débute au kilomètre 17 (2,1 km à 6,8%). L'enchaînement s'annonce usant. Tom Dumoulin, grand favori de l'épreuve hommes s'il n'avait pas chuté pendant le Tour de France, prévient : "Il y aura de fortes montées et de fortes descentes". Un motif d'inquiétude pour le Néerlandais, qui va devoir tirer sur son guidon avec sa blessure.

... ET LE PLAT

"Il y a aussi du plat", souligne Froome. A force de dire que Rio offre des parcours montagneux, on en oublie cette évidence. Sur ces portions d' "accalmie", Cancellara et Martin peuvent faire la différence. Par exemple, il y a 8 kilomètres de plat entre les deux côtes. Ou encore 10 km de plat entre le sommet de la dernière difficulté et l'arrivée. 
Ici, la descente est incluse. Non pas celle de Vista Chinesa, très tourmentée, qui a été le théâtre de lourdes chutes dans la course en ligne - Annemiek Van Vleuten, Vincenzo Nibali, Sergio Henao et quelques autres ont été forcés à l'abandon et transportés à l'hôpital. La descente de Grota Fundo est moins technique et moins dangereuse. Mais elle permettra aux rouleurs expérimentés de se lancer avant les derniers bouts droits et de refaire une partie de leur retard.

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