Néo-pros : Le bilan de Florian Sénéchal

A 20 ans, Florian Sénéchal (Etixx-iHNed) a décroché quatre bouquets pour sa première année dans le peloton professionnel. Ajouté à cela plusieurs autres résultats intéressants, il a terminé à une bonne 37e place au classement final de l'Europe Tour. En 2014, il a décidé de quitter l'équipe continentale tchèque pour revenir en France, chez Cofidis. Un choix que Florian Sénéchal explique auprès de www.directvelo.com.

« Ma saison a été un peu chaotique. Au début, j'étais gêné par des problèmes de santé (lire ici). Puis sur le plan sportif, j'ai pas mal cogité jusqu'en juillet. Je commençais déjà, dans la tête, à mettre 2013 de côté pour penser à l'an prochain. Mais j'ai gagné une course amateur en République tchèque (la dernière étape du Vysocina Tour, NDLR). Ce succès a été un déclic ! Peut-être aussi que le décès de mon entraîneur, Hervé Boussard un mois auparavant, m'a donné un peu plus d'envie... Ça s'est vite enchaîné avec un second succès, le week-end suivant, sur une classe 2, en Pologne (le Mémorial Henryka Lasaka, NDLR). Ainsi qu'avec plusieurs Tops 10 sur des classe 1, comme au Tour des Fjords, et au Tour du Poitou-Charentes. J'ai aussi eu la satisfaction de remporter le classement général de l'Okolo Jiznich Cech (2.2), après y avoir gagné une étape.

« J'AI DES REGRETS SUR LA BOUCLE DE L'ARTOIS »

Evidemment, j'ai aussi quelques regrets sur certaines courses comme la Boucle de l'Artois (2.2). Je ne suis pas passé loin de remporter la dernière étape, où je termine deuxième à quelques longueurs du vainqueur... Décrocher mon premier succès professionnel en étant quasiment à domicile aurait été génial. Mais c'est comme ça... Il y a aussi eu le Championnat de France à Lannilis, où j'étais dans la bonne bordure à une trentaine de bornes de l'arrivée. Mais j'ai craqué. J'étais déçu, car je l'avais préparé. J'étais peut-être un peu fatigué, après un gros mois de mai.

« J'AI CHANGE MA MANIERE DE PREPARER LES SPRINTS »

En milieu de saison, je cherchais encore un peu mon style de coureur. Maintenant, je pense me classer dans les sprinteurs-rouleurs. Je ne dis pas que je serai un grand finisseur, mais je devrais pouvoir continuer à tirer mon épingle du jeu dans les arrivées difficiles. Chez les "petits" professionnels, comme je l'étais cette année, on peut gagner des courses de classe 2 sans être un pur sprinteur. Après, sur les grandes courses, comme au Tour du Poitou-Charentes, c'est dur de rester placé, de faire son sprint en ayant encore des forces. On dépense beaucoup d'énergie pour garder sa position en vue de l'arrivée. Ça va donc être difficile de devenir un grand sprinteur... Surtout dans ce registre, où c'est très dur de faire ses classes. Il faut savoir se placer, et aussi avoir une équipe pour être emmené. Cette année, j'ai changé ma manière de préparer les sprints. J'ai appris à ne plus toucher aux freins dans le final, à prendre des risques, à débrancher le cerveau, comme on dit. Mais j'ai encore beaucoup de choses à apprendre pour espérer décrocher une victoire face aux meilleurs ! Je vais continuer à l'optimiser, mais également à travailler en volume, pour être encore plus endurant, et toujours avoir ce côté baroudeur, que j'ai depuis mes débuts.

« JE N’AVAIS PLUS ENVIE D’ATTENDRE »

J'ai hésité dans mon choix d'équipe pour 2014. Du côté d’Omega Pharma-Quick Step, on m’a dit qu’on me ferait signer mais finalement, l'équipe voulait que je reste encore un an chez Etixx-iHNed. Or je n'avais plus envie d'attendre ! Puis je me suis dit que Cofidis était le meilleur choix. C'est une belle équipe, et je pourrai faire les courses que je veux ! Dès que j'ai signé, le staff m'a pris en main, notamment le Manager, Yvon Sanquer, et l’entraîneur, Vincent Villerius. J'ai tout de suite été satisfait ! J'ai déjà un peu discuté de mon programme de courses avec Alain Delœuil. Je devrais disputer plusieurs classiques dont Paris-Roubaix. Alors que chez Omega Pharma-Quick Step, je ne pense pas que j'aurai pu les faire, avec tout le beau monde qu'il y a dans l'équipe (rires). L’équipe belge est une bonne école pour apprendre à rouler sur ce genre de courses, mais je ne me fais pas de souci sur le fait que Cofidis m'y encadre bien.

« POUR MOI, PARIS-ROUBAIX EST LA PLUS BELLE DES CLASSIQUES »

Je reprendrai au Grand Prix de La Marseillaise, au Challenge de Majorque, ou au Tour du Qatar si l’équipe y est invitée. L'Omloop Het Nieuwsblad, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Samyn, et les Trois Jours de Flandre-Occidentale seront mes courses suivantes. Après, ce sera l’enchaînement A Travers la Flandre, Grand Prix E3 Harelbeke, et Gand-Wevelgem. Mais je devrais sûrement n'en faire que deux sur les trois. Ensuite, j'espère être aux départs du Tour des Flandres, et surtout de Paris-Roubaix, qui est, pour moi, la plus belle des classiques (il l'a remportée en Juniors en 2011, NDLR). Disputer Paris-Nice est également une éventualité. En attendant, j’ai repris l’entraînement le week-end dernier après trois semaines de coupure. Je fais des sorties de deux heures sur route, du VTT, de la natation et de la musculation. Quelques cyclo-cross sont au programme de ma préparation hivernale. J'en faisais pas mal chez les Juniors. Ça peut m'apporter des choses en vue des classiques, comme avoir davantage d'adresse sur le vélo, mieux prendre les virages sur la route, et aussi de prendre encore plus confiance en moi. »

Crédit Photo : Etienne Garnier - www.velofotopro.com
 

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