Bryan Coquard : « Gagner un maximum de courses »

Récent Champion d’Europe Espoir de l’américaine, Bryan Coquard (Team Europcar) vient de retrouver la compétition sur route à l’occasion du Tour de Wallonie. Juste avant de prendre part au Tour du Danemark, le néo-pro de 21 ans revient pour DirectVelo.com sur ses excellentes performances depuis le début de saison, et ne cache pas avoir de grandes ambitions pour les prochains mois.

« Le contrat a été plus que rempli sur les Championnats d’Europe sur piste. Ces différentes médailles (Champion d’Europe Espoir de l’américaine avec Thomas Boudat, médaillé d’argent de la poursuite par équipes Espoirs et médaillé d’argent du scratch Espoir, NDLR) m’apportent une grande satisfaction. C’est un bonheur différent de celui que je peux connaître sur route. Sur piste, il y a une ambiance particulière. Je commençais à être usé physiquement et mentalement sur la route. J’avais besoin de retrouver la piste, pour me ressourcer. Et puis, la piste apporte de toute façon beaucoup pour le cyclisme sur route. Lorsque je me suis présenté sur le Tour de Wallonie, j’étais en manque de repères. L’épreuve belge n’a pas été facile du tout pour moi. C’était une course de reprise et j’ai vécu quatre premières journées galères. Les jambes sont revenues sur la dernière étape, ce qui me laisse à penser que je suis dorénavant prêt pour le Tour du Danemark (31 juillet - 4 août, NDLR). Suite à l’épreuve scandinave, je me rendrai sur le Tour de l’Ain, la Classic de l’Indre, la World Ports Classic, et les deux épreuves canadiennes (GP Québec et GP Montréal, NDLR). Je n’aurai pas d’objectifs ciblés en cette fin de saison. J’espère simplement marcher du mieux possible, et gagner un maximum de courses.   

« Capable de battre n'importe qui »    

A chaque fois que je me présente sur une course, c’est pour la gagner. Sauf peut-être quand il y a plusieurs grands cols au programme (rires). J’essaye de rafler le maximum de bouquets. Qu’il y ait 50 ou 200 coureurs dans la ligne droite finale, le but est simplement de se montrer le plus rapide. Je suis là pour ça. Ma victoire d’étape sur le Tour du Picardie devant Marcel Kittel m’a donné énormément de confiance. Je pense d’ailleurs qu’il s’agit du moment clef de ma saison. Battre Marcel Kittel, alors que l’on a vu sur le récent Tour de France qu’il était peut-être le nouveau meilleur sprinter du monde, ce n’est pas rien. Ça prouve que tout est possible et que je suis capable de battre n’importe qui. J’espère avoir l’occasion de le prouver en cette fin d’année, mais aussi et surtout sur les plus grandes courses du calendrier en 2014.

« Seule la victoire m'intéresse »    

Si j’ai eu l’occasion de lever les bras à cinq reprises cette année (2 étapes de l’Etoile de Bessèges, 2 étapes du Tour de Langkawi et une étape du Tour de Picardie, NDLR), j’ai aussi collectionné les places de second (six, NDLR). C’est rageant. Evidemment, terminer sur le podium d’une épreuve, en étant néo-pro, ce n’est pas si mal. Mais je ne veux pas me contenter de cela, ou rester sur mes acquis. J’essaye souvent de prendre du recul et de me servir de mes échecs pour progresser mais concrètement, je suis toujours déçu d’une deuxième place. Seule la victoire m’intéresse, et je ne peux pas me satisfaire d’autre chose. Gagner cinq fois, finir à vingt reprises dans le Top 10, ça reste malgré tout une grande performance pour mes six premiers mois chez les professionnels. Je ne vais pas me plaindre (rires). Mais gagner est une obsession et je pense déjà aux prochaines courses du calendrier, avec l’espoir de monter sur la plus haute marche du podium. Il y a tellement de belles courses à remporter en cette fin d’année (rires).

« Etre à la hauteur des espérances »    

S’imposer sur le Tour de Langkawi au huitième puis neuvième jours de course m’a rassuré. J’ai pu me prouver, mais aussi prouver aux dirigeants du Team Europcar, que j’étais capable d’avoir les bonnes pattes après une grosse semaine de compétition. Voilà qui me donne beaucoup d’espoirs pour la suite. En répondant présent d’entrée de jeu chez les pros, j’ai en quelque sorte tapé du poing sur la table. J’ai su obtenir la confiance de mes équipiers et du staff, ce qui est primordial. Voir tous les gens qui m’entourent croire autant en moi me fait vraiment très chaud au cœur. J’ai beaucoup de chance. Je sais que Jean-René Bernaudeau compte faire de moi une pièce maîtresse de l’équipe dès 2014, autour de Pierre Rolland et Thomas Voeckler notamment. Cela prouve qu’il a conscience de mon potentiel, ce qui fait éminemment plaisir. Maintenant, il va falloir être à la hauteur des espérances placées en moi.

« Le Tour de France en ligne de mire »    

Je ne suis pas intimidé par les responsabilités au sein de la formation Europcar. A vrai dire, je crois même que je me sens l’âme d’un « leader ». Bien sûr, il n’est pas évident d’avoir autant de charges sur ses épaules, surtout à 21 ans, mais j’aime les défis, et je suis prêt à relever celui-ci. D’ailleurs, si je suis avant tout concentré sur ma fin de saison, je dois bien avouer que j’ai aussi l’esprit à plus long terme sur la saison 2014, avec en ligne de mire le Tour de France. A partir d’aujourd’hui, chaque nouvelle course devrait me rapprocher de cet événement en juillet prochain. Après les Jeux Olympiques que j’ai déjà eu l’occasion de disputer, c’est l’autre rêve ultime que je nourrie. Il y a encore énormément de travail, et le prochain Tour du Danemark sera peut-être la première pièce de ce magnifique puzzle. »

Crédit Photo : Etienne Garnier - www.velofotopro.com
 

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